logo Al-Watwan

Le premier journal des Comores

Cinéma : «Bilal» le court métrage du réalisateur comorien, Zainou, est attendu fin avril

Cinéma : «Bilal» le court métrage du réalisateur comorien, Zainou, est attendu fin avril

Culture |  | Nassila Ben Ali

image article une
Réalisé par le cinéaste et artiste comorien, le court-métrage de Zainou El-Abidine Mohamed Ali alias Picasso, «Bilal», sera disponible d’ici fin avril. C’est du moins ce que vient d’annoncer son auteur. De retour d’Egypte où il a passé un mois pour tourner ce film, Zainou s’est confié à Al-watwan, hier, pour exprimer sa satisfaction après avoir eu à faire à un «véritable parcours du combattant» pour le réaliser. «Dieu m’a aidé et enfin le film sera prêt d’ici fin avril», s’est-il exclamé, remerciant par la même occasion Sitti Thouraya, Shiromani Design, Galerie Sihuwo et Ab-Aviation pour leur appui «technique et financier».

 

A en croire Zainou, mises à part les difficultés liées à la recherche des acteurs, le tournage s’est plutôt bien passé. «Je suis touché par le respect entre les personnes impliquées qui a régné durant notre travail. En tant que réalisateur, j’ai eu toujours mon mot à dire. J’ai emmagasiné beaucoup d’expérience que je compte mettre à contribution pour la suite de ma carrière de cinéaste et réalisateur», va-t-il apprécier.

«Je n’ai rien contre»
    
«Bilal» est une fiction de vingt-six minutes qui relate la vie d’un jeune lycéen de 15 ans, le fils unique d’un couple de Comoriens vivant en France. Ces parents ont passé leur vie à économiser de l’argent pour pouvoir accomplir le plus grand rituel conjugal de la tradition comorienne, le Anda ou «Grand mariage». Le jeune Bilal a du faire face à de nombreuses privations d’autant plus que sa famille, à la sortie du grand mariage et de son retour du pays, se trouvera criblée de dettes et que son père va avoir un Avc.

Le jeune Bilal sera perturbé moralement par cette situation et fera le choix de quitter le foyer familial à la recherche d’un hypothétique meilleur être. En fait, il allait sombrer dans la délinquance et devenir un loubard.

 

«Je n’ai pas réalisé ce film pour blâmer la tradition comorienne, mais plutôt pour évoquer certaines négligences qui peuvent conduire au désastre pour la nouvelle génération de comoriens installés en France», indiquera Zainou qui tient à préciser qu’il n’a rien contre le «Gand mariage», ce rituel clé et important de la société dans certaines régions de son pays, les Comores.

Il chercherait à tirer l’attention sur le fait qu’une course aveugle vers le grand mariage peut «détruire les économies de toute une vie, nuire à l’éducation des enfants plus spécialement au sein de la diaspora comorienne de France». Ce film met en scène sept acteurs, dont deux Comoriens dans les rôles de dealers, une Ougandaise dans le rôle de la mère de Bilal, trois Egyptiens dans les rôles de Bilal, d’un dealer et d’une copine de Bilal, ainsi qu’un Soudanais dans le rôle du père de Bilal.

Cette première œuvre du genre du jeune réalisateur comorien a été financée par «Mobile film festival» à travers Bnp Paris-Bas suite à un prix estimé à une valeur de 15.000 euros, remporté par Picasso lors du concours lancé en 2015 dans le cadre de la Cop 21, qui a eu lieu à Paris.

Commentaires