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Conférence sur l’émergence de l’Afrique : Echanger sur les conditions de développement du continent

Conférence sur l’émergence de l’Afrique : Echanger sur les conditions de développement du continent

Économie |  | Kamardine Soulé

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Les Comores sont les grandes absentes de ces assises organisées du 28 au 30 mars à Abidjan en Côte d’Ivoire. Pendant trois jours, plus de quatre cent experts et représentants étatiques et non étatiques africains se sont rencontrés pour débattre sur la thématique de «la mise en oeuvre des plans d’émergence en Afrique». Des chefs d’Etat et de gouvernements étaient aussi de la partie, notamment les présidents du Rwanda, du Sénégal, d’Ethiopie, du Kenya, de Guinée équatoriale et de Côte d’Ivoire. Dans le cadre de ces échanges de bonnes pratiques africaines, deux grands sous-thèmes ont été à l’ordre du jour à savoir la «Gouvernance des institutions publiques» et la «Transformation structurelle, inclusive et durable».

 

La deuxième édition de la Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique (Ciea) a clôturé ce jeudi. Pendant trois jours, la capitale de la Côte d’Ivoire, Abidjan, a accueilli  plus de quatre cent experts et représentants étatiques et non étatiques africains pour échanger sur les conditions de développement du continent noir.

Des représentants d’organisations civiles et d’institutions de recherche en provenance de cinquante-huit pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique ont répondu à ce rendez-vous deux ans après la tenue de la première édition des ces assises dans la même capitale ivoirienne.

Il s’agissait d’évaluer la mise en oeuvre des plans d’émergence en Afrique à la lumière des expériences déjà menées dans le continent africain et ailleurs. Plusieurs discours furent prononcés au cours de ces assises notamment ceux des différents chefs d’Etats qui ont mis l’occasion à profit pour livrer leurs recettes pour parvenir à l’émergence.

Un constat «surprenant»

Tout d’abord le constat fait par le président de la République de Côte d’Ivoire, pays hôte, Alassane Ouattara, à l’ouverture de cette deuxième édition : «le développement du continent africain, au cours des cinquante dernières années, nous interpelle.

En effet, s’il est vrai que notre continent regorge d’un immense potentiel, avec d’importantes ressources naturelles, plus de 60 pour cent des surfaces cultivables disponibles et un taux élevé de population jeune, il est surprenant de constater que nos pays sont parmi les moins développés, avec des taux de pauvreté les plus élevés au monde», a-t-il déclaré.

Il a, en outre, montré que malgré une croissance relativement forte durant la dernière décennie, la contribution relative de l’Afrique subsaharienne à l’économie mondiale a faiblement évolué. Le chef de l’Etat ivoirien a rappelé que la part du contiennent africain dans la production de richesses mondiales n’était que de 3,1 pour cent en 2015, alors que celle des pays asiatiques a plus que triplé depuis 1980, pour atteindre 31 pour cent en 2015.

 

Par ailleurs, le taux d’investissement dans la région Afrique, estimé à 20,5 pour cent du Produit intérieur brut (Pib) en 2015, reste encore trop faible au regard des 41,4 pour cent investis dans les pays d’Asie. «C’est de ce constat que notre réflexion sur l’émergence tire toute son essence.

Un changement de paradigme

Aujourd’hui, nous avons tous pris conscience de cette situation et de l’impérieuse nécessité de rattraper notre retard», a soutenu le président Ouattara devant ses pairs et les centaines d’experts venus d’Afrique et du monde entier.

Dans un ton plutôt offensif, le président de la République de Guinée, Alpha Condé, a, pour sa part, plaidé pour un changement de paradigme dans les relations entre certains pays du continent et la France. Il est temps, a-t-il plaidé, de couper le cordon ombilical avec l’ancienne puissance coloniale.

«L’Union africaine est financée par l’Union européenne, comment voulez-vous parler d’indépendance?», a lâché le président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine. Le président en exercice de l’Union Africaine a déploré en outre, l’exode des milliers de jeunes africains vers l’Europe du fait du manque d’opportunités sur le continent.

Les défis majeurs auxquels fait face le continent sont, donc, à ses yeux, la transformation de l’économie et de la société africaine ainsi que la nécessité d’accroître les investissements pour plus de croissance.

L’Afrique qui se bat

De son côté, le président de la République du Sénégal, Macky Sall, a soutenu que l’Afrique était loin des «Plans d’ajustement structurel» (Pas), puisqu’on parle de plans d’émergence. «Malgré ses multiples défis notre continent est sur la bonne voie. Le défi, c’est de rendre irréversible cette dynamique positive.

C’est tout le sens de ce rendez-vous qui nous donne l’occasion de discuter de l’Afrique qui a de l’ambition pour son avenir, qui a confiance en son potentiel et ses opportunités, qui se bat pour la croissance, le développement et la prospérité», a déclaré le président du Comité d’orientation du «Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique» (Nepad).

Pour le président Macky, qui a initié le «Plan Sénégal Emergent en 2035», l’émergence ce n’est pas seulement des projets d’infrastructures à exécuter mais aussi et surtout des habitudes à changer.

Un modèle à inventer

Selon l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Helen Clark, l’exemple ivoirien est le résultat des réformes structurelles et des investissements clés pour stimuler l’émergence. Reste à assurer une meilleure répartition des fruits de la croissance dans un continent où les 20 pour cent des personnes disposant de revenus les plus élevés gagnent dix fois plus que les 20 pour cent disposant de revenus les plus bas.

Pour illustrer un peu plus la situation du continent, le président de la Banque africaine de développement (Bad), Akinwumi Adesina, a fait une piqûre de rappel en citant quelques chiffres d’une année 2016 jugée difficile. Selon lui, le continent a enregistré, cette année, l’une de ses plus faibles croissances, soit 2,2 pour cent.

«Quelque ving pays ont enregistré une croissance située entre 3 et 5 pour cent, ce qui est une performance par rapport au reste du monde», a, cependant, tempéré le patron de la Bad. Akinwumi Adesina a, pour l’occasion, plaidé pour une appropriation par les pays africains des fameux «high five».

Rappelons que la conférence a été organisée par le gouvernement ivoirien et le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), en partenariat avec la Banque mondiale (Bm) et la Banque africaine de développement (Bad).

 

"L’avenir que nous voulons" pour l’Afrique :

Agenda 2063 de l'Union africaine

  Lors de la 24ème session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine qui a eu lieu à Addis-Abeba, du 30 au 31 janvier 2015, les chefs      d'État et de gouvernement de l'Ua ont adopté l'Agenda 2063. Cet agenda est "à la fois une vision et un plan d'action. C'est un appel à l'action à tous les segments de la société africaine à travailler ensemble pour construire une Afrique prospère et unie, fondée sur des valeurs communes et un destin commun".

 1. Une Afrique prospère fondée sur une croissance inclusive et un développement durable;

2. Un continent intégré, politiquement uni, basé sur les idéaux du panafricanisme et sur la vision de la renaissance de l'Afrique;

3. Une Afrique où règnent la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l'homme, la justice et l'état de droit;

4. Une Afrique pacifique et sécurisée;

5. Une Afrique dotée d'une identité, d'un patrimoine commun, de valeurs partagées et d'une éthique culturelle forte;

6. Une Afrique où le développement est axé sur les populations, et s'appuie notamment sur le potentiel des femmes et des jeunes;

7. Une Afrique, en tant qu'acteur et partenaire fort, unie et influente sur la scène mondiale.

 

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