logo Al-Watwan

Le premier journal des Comores

Grève dans l’enseignement public : Trois questions au secrétaire général du ministère de l’Education nationale

Grève dans l’enseignement public : Trois questions au secrétaire général du ministère de l’Education nationale

Éducation |  | Abdou Moustoifa

image article une
Abdallah Djalim, secrétaire général du ministère de l’Education nationale, a indiqué à Al-watwan qu’«il y aura bel et bien un report des examens nationaux pour sauver la scolarité de nos enfants».

 


Cela fait presque deux semaines depuis que les négociations entre l’intersyndicale et le gouvernement sont au point mort. Où en est-on ?


Depuis le 24 avril dernier, l’intersyndicale des agents de l’enseignement secondaire a entamé une grève. Ils ont demandé la satisfaction de trois doléances, lesquelles le gouvernement n’a pas refusé de répondre favorablement.

 


Lire aussi : Grève des enseignants : Le parlement appelle l’intersyndicale à reprendre le chemin des classes


 

Il a, d’ailleurs, accepté de payer les reliquats qui font partie des trois revendications. Toutefois, pour les deux autres, nous avons demandé qu’un nouveau contrôle soit effectué pour connaitre le chiffre exact des enseignants.

Car selon le dernier rapport rendu par la commission mixte qui s’était penchée sur cette question, il y aurait 378 enseignants fantômes dont 304 dans le collège et 74 au lycée. Suite à ces résultats, le gouvernement a donc demandé à ce qu’on mène une nouvelle enquête pour terminer ce travail.

Mais depuis, l’intersyndicale s’y oppose fermement et jusqu’à maintenant rien n’a avancé. J’aimerais également souligner qu’il n y a pas lieu d’avoir honte si l’on dit que le contrôle n’a pas pu déceler les fantômes et qu’il faut réorganiser un autre.

Le gouvernement ne peut pas procéder à des avancements massifs sans qu’il connaisse le nombre des personnes concernées par ces mesures.

L’intersyndicale doit savoir qu’une fois où le montant exact sera défini, il devra être intégré dans le budget rectificatif. Donc tout doit se faire minutieusement.

 


L’intersyndicale continue  de camper sur ses positions or les examens s’approchent à grand pas. Comment comptez-vous venir à la rescousse des enfants du pays ?


Je vous rappelle que cette grève reste la plus historique de toutes car, depuis son déclenchement, le gouvernement ne cesse d’essayer de  trouver une solution. Et force est de constater que tout le monde a été impliqué.

Les différentes institutions, le parlement et même les vice-présidents ont été appelé à collaborer pour trouver une  sortie de crise. Malheureusement les pourparlers piétinent toujours car les enseignants refusent de faire des concessions.

Il faut noter qu’on doit mettre de côté nos égos et faire des sacrifices pour sauver nos enfants. A cet effet,  si l’intersyndicale persiste, il doit en assumer donc les conséquences. Chacun doit être responsable de ses actes.

Il faut noter que le ministre de l’Education et le gouverneur de l’île de Ngazidja se sont entretenus avant-hier sur cette question. A l’issue de leur entretien d’avant-hier, le ministre de l’Education a appelé les directeurs et les proviseurs à se rendre dans leurs établissements dès aujourd’hui (hier, Ndlr) même  et un contrôle sur le terrain sera effectué pour faire le constat.

Actuellement, nous attendons que la journée d’aujourd’hui (d’hier, Ndlr) se termine et puis après nous verrons comment ont va sauver nos enfants.

 


Dernièrement le ministre de l’Intérieur avait laissé entendre que les examens pourraient être reportés  si la grève persistait ; est-ce que cette hypothèse est toujours d’actualité ? Si oui ; quelles seront les modalités d’une telle procédure ?


Normalement une année scolaire comporte environ 38 semaines et malheureusement, les élèves de secondaire en ont déjà fait presque 28 donc, peu importe l’issue de cette crise, nous devons rattraper ces cours.

Il est donc inéluctable qu’on repousse le calendrier des examens nationaux. Finis le bac Titanic, comme ce fut le cas en 2012. Nos examens doivent être crédibles aux yeux de tous.

Pour ce qui est de la rentrée à l’université, nous serons donc obligés de prendre des mesures spéciales. Car pendant l’année dernière 90% de nos bacheliers se sont inscrits à l’Université des Comores. Quant à ceux qui voudront poursuivre leurs études à l’étranger ils ne seront pas du tout en retard.
                                                                                       

Commentaires