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Révision constitutionnelle : Le gouverneur de Ndzuani poursuit les consultations politiques

Révision constitutionnelle : Le gouverneur de Ndzuani poursuit les consultations politiques

Politique |  | Sardou Moussa

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Les rencontres se succèdent au palais de Dari-nadjah, siège de l’exécutif insulaire à Ndzuani. Avant Anissi Chamsidine, le gouverneur Salami avait déjà convié à une entrevue le secrétaire régional de l’Updc, Chamsidine Ali. il a également rencontré l’ancien vice-président Caabi Elyachourtu, l’ancien ministre de l’Intérieur de l’île et leader du parti Gnec-rénové, Djaffar Salim et la Maison des organisations de la société civile (Mosc) de Ndzuani. Idée principale des discussions, les assises et la révision constitutionnelle.

 

Le gouverneur de Ndzuani, Abdou Salami Abdou, a reçu son prédécesseur et jusqu’ici farouche opposant, Anissi Chamsidine, le lundi dernier à Dar-nadjah. Une première depuis leur passation de pouvoir, le 23 mai 2016.

L’entretien entre les deux hommes,  «axé sur les assises relatives à la réforme de la Constitution actuelle» d’après le communiqué officiel du gouvernorat, a été qualifié de «franc» et «direct» par le parti d’Anissi, Soma. A sa sortie de l’entrevue, l’ancien gouverneur a confié à la presse :

 

Je lui ai montré que nous sommes prêts à nous sacrifier pour la paix et l’unité de notre pays. C’est pour cela que nous avons, un moment, porté des habits militaires [lors de l’opération Démocratie aux Comores en mars 2008, Ndlr], et à un moment sacrifié une fraternité politique [rupture avec son ancien parti Juwa, Ndlr]. C’est pour cela que récemment, lors des élections, nous nous sommes sacrifiés pour cette paix, qui a permis au gouverneur de diriger l’ile jusqu’à maintenant dans la tranquillité.

 

S’agissant de la présidence tournante entre les iles, l’ancien chef de l’exécutif de Ndzuani  a réitéré la position de son parti, tout en se disant favorable aux assises nationales.

 

La tournante a donné ses résultats depuis quinze ans : les Comoriens vivent dans la paix.  Mais il faut répondre à l’appel du chef de l’État pour la défendre, car je suis persuadé que nous ne pourrons pas le faire en dehors de ces assises,

 

a-t-il ajouté. Notons que, s’ils affichent clairement leur opposition à une éventuelle suppression de la tournante à l’issue d’une possible révision de la Constitution, le gouverneur Salami et son parti Juwa évoquent avec moins d’enthousiasme les assises. Et sur les réseaux sociaux, nombreux sont les militants Juwa qui s’en opposent.  

Il faut, par ailleurs, noter qu’avant Anissi Chamsidine, le gouverneur Salami avait déjà convié à une entrevue le secrétaire régional de l’Updc (Union pour le développement des Comores), Chamsidine Ali.

Et après (mardi 11 juillet), il a également rencontré l’ancien vice-président et actuel ambassadeur des Comores à Madagascar, Caabi Elyachourtu, ainsi  que l’ancien ministre de l’Intérieur de Mohamed Bacar  et leader du parti Gnec-rénové, Djaffar Salim. Salami avait aussi reçu la Maison des organisations de la société civile (Mosc) de Ndzuani, le mois dernier, toujours pour parler assises et révision constitutionnelle.

Anissi n’est donc pas la seule personnalité politique à être reçue par Salami ces derniers jours, mais il est celui dont la réception a été le plus médiatisée.

La cause est évidente : ni l’un ni l’autre n’ont, depuis qu’ils se sont passé le flambeau de l’administration insulaire, raté une occasion de se descendre.

L’un des fidèles compagnons de l’ancien gouverneur note, d’ailleurs, sur son mur Facebook, que les gens «avaient perdu tout espoir d’assister à un tel événement avant la fin du mandat» de Salami,

 

surtout après ce qui s’est produit le jour de l’investiture au stade de Missiri-Mutsamudu [huées contre Anissi, Ndlr], mais aussi après tant d’insolences et d’humiliations commises avec sang-froid par la partie adverse, à l’endroit de l’ancien locataire de Dar-nadjah.


En effet, à l’occasion de la célébration, le 23 mai dernier, de son premier anniversaire au pouvoir, le gouverneur Salami avait une fois parlé de l’«héritage étriqué du précédent pouvoir».


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