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Ouverture de la première session parlementaire de 2017 : Foire d’empoigne entre des représentants du peuple

Ouverture de la première session parlementaire de 2017 : Foire d’empoigne entre des représentants du peuple

Politique |  | Mariata Moussa

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A la sortie de l’hémicycle, le secrétaire général du Juwa, le député Ibrahim Mohamed Soulé, a estimé qu’il s’agissait «d’une situation créée et voulue au plus haut sommet de l’Etat pour empêcher les trois conseillers de Juwa de devenir députés. Jusqu’à présent, nous constituons une minorité de blocage et l’Etat, avec la complicité d’Abdou Ousseni, a tout manigancé pour que cette minorité de blocage ne soit pas de nouveau constituée».

 

L’ouverture de la première session parlementaire de 2017, vendredi 7 avril, a été émaillée de nombreux incidents. S’il est vrai que l’hémicycle est devenu, ces derniers temps, le lieu d’affrontements entre partis politiques, le spectacle que les députés ont donné à voir est à inscrire dans les pages noires du parlement. Entre cris, insultes et empoignades, le siège de la Représentation nationale a été transformé en arène.

 


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Alors que les trois conseillers Juwa de Ndzuani ont pu accéder à l’hémicycle par une porte dérobée, ceux de l’autre camp, celui du président de l’assemblée nationale, ont été pris à partie, parfois violemment, lorsqu’ils tentaient de s’en approcher. Mais, c’était sans compter la détermination du député de Badjini-Ouest, Abdoulatuf Mohamed, qui a distribué les coups de poings et de pied pour frayer un chemin aux trois conseillers de l’Updc. Pieds nus, la députée de la sixième circonscription, Ramlati Abdou, lancera : «Nous sommes prêts à mourir aujourd’hui».


Les autres députés de Juwa ont mis en garde le secrétaire de séance contre la lecture d’une autre liste de conseillers que celle signée par le président du parlement de Ndzuani. C’est dans une ambiance survoltée que le président Abdou Ousseine a ensuite fait son entrée dans l’hémicycle. Sans crier gare. Après quelques ronronnements, le calme est revenu dès la première strophe de l’hymne national. Il sera de très courte durée.

 


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Au secours du président

En effet, dès que le secrétaire de séance a entamé la lecture de la liste des députés, son texte lui a été retiré de force et déchiré. «On doit savoir qui sont présents ou absents afin de définir le quorum», a recommandé le président de l’assemblée nationale qui a ainsi repris personnellement la lecture.

Un député a aussitôt bondi de l’aile sud de l’hémicycle pour lui arracher la liste. Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, a volé au secours du président et lui a remis une autre liste pour achever le décompte des parlementaires.


Mais, la lecture de son discours d’ouverture de la session a été une autre paire de manche. Pour le rendre inaudible, les députés de Juwa tapaient sur les bancs à l’aide de leurs chaussures ou de leurs mains.

«Une situation voulue»

De ce discours de quinze pages, Abdou Ousseine n’en prononcera même pas la moitié. Devant ce brouhaha, les membres du gouvernement ont préféré se retirer, à l’exception du ministre de l’Intérieur.

 


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L’origine de cette crise porte sur la désignation des trois conseillers de Ndzuani devant siéger à Hamramba les douze prochains mois. Pouvoir et opposition (au niveau de l’île) ont adressé chacun une liste de noms au secrétariat de l’assemblée nationale.


A la sortie de l’hémicycle, le secrétaire général du parti Juwa, le député Ibrahim Mohamed Soulé, a déclaré à la presse qu’il s’agissait «d’une situation créée et voulue au plus haut sommet de l’Etat pour empêcher les trois conseillers de Juwa de devenir députés. Jusqu’à présent, nous constituons une minorité de blocage et l’Etat, avec la complicité d’Abdou Ousseni, a tout manigancé pour que cette minorité de blocage ne soit pas de nouveau constituée».
          

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