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L'Administrateur principal de l’hôpital de Bambaomtsanga : «tout sera au rendez-vous le 25 mai prochain »

L'Administrateur principal de l’hôpital de Bambaomtsanga : «tout sera au rendez-vous le 25 mai prochain »

Santé |  | Sardou Moussa

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L’hôpital de Bambao-mtsanga, baptisé «Hôpital de l’amitié sino-comorienne», sera inauguré jeudi prochain, 25 mai, jour où se fêtera dans l’enceinte même de cet établissement le premier anniversaire du président Azali Assoumani au pouvoir. Construit par la République populaire de Chine depuis 2012, il aura mis cinq années avant donc de pouvoir être ouvert. Saïd Ahmed Hachim, l’administrateur principal de cet hôpital d’une valeur de quatre milliards de francs comoriens, a pourtant à ce jour encore du pain sur la planche...

 


Nous voyons que l’établissement est toujours en chantier... qu’est- ce qui se fait ici en ce moment ?


 

Dans la feuille de route que l’on m’a confiée, je dois déjà rectifier les anomalies relevées ici et là au niveau du bâtiment. Ce ne sont pas des petits travaux. Cet hôpital devait être ouvert depuis 2013 ; plusieurs de ses ailes ont donc subi les effets du temps.

Nous avons jusqu’ici pu rénover le service d’accueil et d’admission, qui comprend également les urgences, les urgences gynécologiques, l’ophtalmologie, l’Orl [oto-rhino laryngologie, Ndlr], la stomatologie ainsi que le service gynéco-obstétrique.

La deuxième aile rénovée est celle qui comprend le service des diagnostics ; dedans on y trouve l’imagerie médicale avec le scanner, la radiographie numérique et l’échographie, mais aussi le laboratoire des analyses médicales.

La troisième c’est ici- même où nous nous trouvons, à savoir l’administration. Vu l’ampleur des travaux, nous pensions que la deuxième partie continuerait après l’inauguration, mais l’ingénieur [le prestataire de service engagé pour ces travaux, Ndlr] a fait plus d’efforts que prévus, et là il a déjà entamé le bloc opératoire, il poursuivra ensuite avec les services d’hospitalisation.

Concernant l’équipement, des experts chinois en appareils biomédicaux sont là avec leur interprète, le docteur Nasser Azali Assoumani, pour tester et mettre en marche ces derniers. S’ensuivra après la formation des techniciens ou des spécialistes qui devront utiliser ces appareils. Bref, je crois bien que tout sera au rendez-vous le 25 mai prochain pour l’inauguration.

 


Le ministre des Finances, Saïd Ali Chayhane, a récemment déclaré à la presse que certains services ouvriront en attendant que d’autres suivent car le gouvernement n’a pas les moyens de tout démarrer maintenant. Quels sont les ser- vices qui ouvriront pour un début ?


 

Effectivement pour pouvoir lancer un hôpital comme celui-ci il faut disposer des toutes les ressources, aussi bien matérielles, financières qu’humaines. Il faudra donc procéder graduellement, et pour le début le service d’ophtalmologie ouvrira, de même que ceux de la stomatologie, de l’Orl, des urgences, du diagnostic et de l’imagerie médicale. 

 


Une fois que tous les services seront opérationnels, quels cas médicaux ne pourront toutefois pas être pris en charge dans cet hôpital et qui nécessiteront une évacuation ?


 

L’évacuation sanitaire résulte d’une décision médicale. Mais quand nous disposons d’un scanner, d’une radiographie numérique et d’un laboratoire sophistiqué, les décisions médicales tomberont plus rapidement. Nous disposons aussi d’un centre de téléconférence, qui permettra aux médecins qui travailleront ici d’être en liaison directe avec des confrères de l’étranger pour partager lesdites décisions médicales. 

 


L’organigramme de cet établissement a-t-il déjà été défini ? Combien d’employés seront nécessaires ici ?


 

Vous posez une question qui n’est pas facile... Mes estimations personnelles tablent sur une capacité de trois cents personnes, peut-être moins, peut-être plus, en attendant le cadre organique. Il faudra déjà et avant tout cela que le cadre juridique, lui-même qui régira cet hôpital, soit adopté, car cela n’est pas encore le cas.

De toute façon nous avons là une structure modulable, où l’on pourra remplacer des services par d’autres au gré des besoins. Par exemple, en gastroentérologie, nous disposons bien d’un fibroscope, mais pas du spécialiste de la discipline. Donc nous ne pouvons pas aujourd’hui introduire quelque chose que nous ne pouvons pas assurer, mais si demain un spécialiste arrive, alors le service sera ouvert. 

 


D’où proviendront les médecins qui seront employés ici et est-ce que le gouvernement a obtenu l’ar- rivée d’une mission de coopération médicale chinoise sollicitée auprès de la Chine ?


 

Ce sont de bonnes questions mais il y a des niveaux de responsabilités. Moi en tant qu’administrateur, je ne saurai y répondre. Tout ce qui touche à la coopération et au partenariat relèvent du gouvernement central. Je suis, toutefois, persuadé que, vu que la santé des Comoriens fait partie des défis que le président de la République s’est donné, ce volet coopération est en ce moment certainement à l’examen au sein du gouvernement.

 


Avez-vous une idée de combien s’élèvera le coût d’entretien de cet hôpital et d’où proviendront les ressources financières nécessaires à son entretien ?


 

L’entretien comprend aussi bien la maintenance de l’équipement, l’espace vert ou encore la surface. Je pense que pour plus d’efficacité il faudra sous-traiter avec des prestataires de services spécialisés.

 


Qui peut se rendre dans cet hôpital ? Est-ce que n’importe quel citoyen qui se sent mal le matin peut venir ici avec son carnet ?


 

C’est une question qui me préoccupe. J’ai rencontré le gouverneur Salami à ce sujet, et une rencontre sera bientôt convoquée d’ici au 23 mai par lui, laquelle réunira tous les médecins et les chefs des districts sanitaires de Ndzuani, pour examiner ensemble cette question.

Il faut rappeler que l’hôpital de Hombo, notre établissement de référence, avait à l’origine pour vocation de dresser les diagnostics et prendre en charge les pathologies lourdes. Mais aujourd’hui il assure également tout ce qui devait être pris en charge au niveau des postes de santé.

Nous espérons que cela ne se reproduira pas ici, sauf en cas d’urgence absolue, et que les gens attendront d’y être orientés. Ils seront de toute façon nombreux ceux qui seront envoyés ici pour des bilans de radio, d’analyses ou de prise en charge dans notre bloc opératoire.

 

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