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Lancement de l’Ordre national des pharmaciens : Assainir le secteur et lutter contre le manque de déontologie

Lancement de l’Ordre national des pharmaciens : Assainir le secteur et lutter contre le manque de déontologie

Santé |  | Mohamed Youssouf

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«L’ordre va lutter contre les médicaments mis sur le marché et qui compromettent dangereusement la santé de la population. Pour y arriver, nous sollicitons un partenariat entre le secteur public et privé, mais aussi entre le secteur de la santé et les autorités gouvernementales», a déclaré le vice-président de l’Ordre national des pharmaciens des Comores, Kamal Abddoulwahab.

 

Les acteurs du secteur de la santé s’étaient réunis vendredi dernier, à l’hôtel Retaj-Moroni, pour lancer officiellement l’Ordre national des pharmaciens des Comores, qui se détache ainsi de  celui des médecins. Pour le ministre de la Santé, Moussa Mahoma, «le lancement de cet ordre des pharmaciens est une initiative à saluer et nous espérons qu’il permettra de faire face aux innombrables défis qui entourent ce secteur.

Il précède celui des paramédicaux, qui s’annonce imminent. Il est, en effet, temps d’assainir ce secteur parce que les problèmes ne manquent pas entre les dépôts de médicaments clandestins, la contrefaçon, la gestion des pharmacies par des non pharmaciens, des médicaments inadaptés dans les brouettes, etc.

Le plus grand défi reste cependant la déontologie parce qu’il n’est pas normal d’entrer dans une pharmacie et de trouver qu’il y a une épicerie dedans».

Veiller à la déontologie

Le ministre préconise une réglementation rigoureuse et une révision des textes. «Nous sommes actuellement en train d’étudier la possibilité de réviser le code de la santé pour pallier à certains manquements, notamment le vide qui concerne l’implantation d’une pharmacie à proximité d’une autre.

Nous avons eu cette plainte, mais nous avons constaté un vide au niveau des textes. Il y a aussi les bachelors, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas pu terminer leur cursus de médecine, entre autres points importants», a-t-il dit. Pour le vice-président de l’Ordre national des pharmaciens, Kamal Abdoulwahab, il y a urgence à agir pour sauvegarder les valeurs professionnelles du secteur de la pharmacie.

«L’ordre va lutter contre les médicaments mis sur le marché et qui compromettent dangereusement la santé de la population. Pour y arriver, nous sollicitons un partenariat entre le secteur public et privé, mais aussi entre le secteur de la santé et les autorités gouvernementales», devait-il ajouter.

 

 

Il faut noter que la création de l’Ordre national des pharmaciens des Comores fait suite à la signature le 3 mars 2015 d’un décret par l’ancien président Ikililou Dhoinine, si l’on en croit l’ancien président de l’Ordre des médecins, Dr Abdallah Islam.

Pour lui, «la création de cet ordre est un aboutissement de longue date parce qu’en 1997, lorsqu’on créait l’ordre des médecins, on s’était engagé à ce que chaque profession du secteur de la santé puisse disposer de son propre ordre. Nous exigeons dorénavant de l’éthique, du professionnalisme, de la surveillance, de l’inspection, de la qualité, de la disponibilité et de l’accessibilité».

Il a, en outre, tenu à signaler les efforts consentis à l’endroit du développement de la santé. «La population a droit à un traitement médical approprié avec des structures médicales solides. Pour cela, il faut lutter contre les ruptures de stock.

J’ai vu des jeunes diabétiques mourir par manque d’insuline. La disponibilité des médicaments essentiels doit être garantie à tout moment et à des coûts accessibles. On avait un début d’industrialisation du secteur avec la fabrication des certains médicaments. Il faut donc reprendre les bases, à commencer par la réglementation», a-t-il ajouté.


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