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Lutte contre le paludisme : Des souches du parasite résisteraient à l’Artémisinine

Lutte contre le paludisme : Des souches du parasite résisteraient à l’Artémisinine

Santé |  | Abouhariat Saïd Abdallah

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Un cas de résistance à l’Artémisinine, principal traitement contre le paludisme, a été observé pour la première fois en Afrique, après l’Asie du sud. Une mauvaise nouvelle pour tous, notamment les organismes chargés de la lutte contre cette maladie, qui a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2015.

 

«Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme, devient plus résistant aux traitements», apprend-on de l’Agence France presse. L’Artémisinine était jusque là le dernier antipaludéen qui résistait encore au parasite. Mais dernièrement, on a découvert des souches du parasite en Asie du Sud encore plus résistantes à l’Artémisinine. Si cette résistance est encore partielle et la majorité des malades guérissent, l’Organisation mondiale de la Santé et tous les experts redoutent que le Plasmodium falciparum ne finisse par développer une résistance totale à l’Artémisinine, comme c’est déjà le cas pour les autres antipaludéens. Cette nouvelle étude a été menée par Jun Cao de l’Institut Jiangsu des maladies parasitaires, en Chine, qui a pu confirmer que le parasite était porteur d’une nouvelle mutation dans un gène dit K13, le principal agent de la résistance à l’Artémisinine en Asie. «Il est de ce fait très important de surveiller régulièrement la résistance à l’Artémisinine dans le monde», dit-il. Pour les spécialistes des maladies tropicales, «l’émergence de cette souche évoque un précédent historique inquiétant».


Au niveau national, le programme n’a relevé aucun cas de résistance. Normalement, il y a un suivi de la personne qui a pris la molécule. Un test est effectué le 4ème, le 7ème, le 14ème et le 28ème jour. «Nous n’avons trouvé ni échec thérapeutique, ni résistance. Il se peut qu’il y ait un échec thérapeutique, mais cela ne veut pas dire qu’il y a une résistance. L’échec survient lorsqu’on n’a pas suivi la posologie. Si on atteint un pourcentage de 5% de résistance, la molécule doit être retirée au niveau du pays et on fait recours à une autre molécule. Comme ce fut déjà le cas ; il y’avait une résistance à la Chloroquine et on est passé à l’Artémisinine. C’est pourquoi le Fansidar n’est plus utilisé, car nous avions un pourcentage très élevé de résistance à la molécule. Il est utilisé uniquement comme prévention chez les femmes», a déclaré le Dr Hafidhou, chargé de la surveillance et du suivi évaluation au niveau du Programme national de lutte contre le paludisme.


Des propos confirmés par Nasra Idarousse, biologiste. «Nous n’avons pas connaissance de cas d’un échec thérapeutique, ni de résistance. De toutes façons, la surveillance ne se fait pas», dit-elle. Selon toujours elle, le programme ne pratique plus les tests de routine, mais va vers la population. «Nous nous rendons dans les villages où il a été signalé des cas de paludisme. Depuis trois semaines, nous allons faire des prélèvements dans les villages tous les jours. C’est à Pvanambwani où on a prélevé plusieurs cas, soit 112 au mois de janvier et février ce n’est pas encore fini mais le chiffre va dépasser les 500. C’est inquiétant, car presque toute la population est touchée car même ceux dont les tests se sont révélés négatifs, si on refait le test quelques jours après, il s’avère positif », fait toujours savoir Nasra Idarousse.


Pour le Dr Hafidhou, si jamais il y avait une résistance à l’Artémisinine aux Comores, on ferait recours à une autre molécule, même si cela ne serait pas une partie de plaisir. «Heureusement qu’on est dans une phase de pré-élimination. Nous envisageons d’aller vers la phase d’élimination d’ici 2020. Donc si jamais on fait une résistance ce sera très grave car même les cas graves on les traites à l’Artémisinine», dit-il avant de poursuivre: «Puisqu’on n’a pas des cas de résistance signalés au niveau du programme, je ne crois pas que dans une année on puisse arriver à 5% de résistance, car la résistance prend un peu de temps. Et même si résistance il y a, on aura moins de 5%», dit-il. A l’en croire, un programme de surveillance de la résistance des molécules anti-paludéens a été mis en place. Toutefois, la dernière étude n’a été réalisée qu’en 2014 alors qu’elle devait se faire tous les deux ans. «Nous n’avons pas pu le faire en 2016, mais elle doit reprendre cette année. Nous allons faire cette étude pour voir à quel niveau on est par rapport à la molécule», a souligné le Dr Mohamed Hafidhou.

 

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