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Arrêt de travail dans l’administration publique : Un suivi mitigé du mot d’ordre de la Confédération des travailleurs

Arrêt de travail dans l’administration publique : Un suivi mitigé du mot d’ordre de la Confédération des travailleurs

Société |  | Mm

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Le mot d’ordre d’observer 24 heurs d’arrêt de travail dans l’administration publique a été lancé, mardi dernier, par la Confédération des travailleurs et travailleuses comoriens (Ctc). La communication en moins de 48 h de l’arrêt n’a pas garantie un succès au débrayage.

 

L’appel à un arrêt de travail de 24 heures pour la journée d’hier, jeudi 20 avril, a été relativement suivi dans les administrations. L’initiative de la Confédération des travailleurs et travailleuses comoriens (Ctc) a été surtout bien accueillie par le personnel de l’administration insulaire de Ngazidja.

En milieu de matinée, le bloc administratif abritant les commissariats aux Finances et à la Santé à Hamramba, au sud de la capitale, était presque désert. La foule habituelle à l’entrée principale y manquait et la majorité des bureaux, à l’intérieur, vides.

Un responsable du commissariat à la Santé, qui a requis l’anonymat, a témoigné que ce sont seulement les chefs de services et de département qui se sont rendus au travail hier matin, mais le personnel a respecté l’arrêt de travail. Il reconnaitra que «les revendications formulées par la Ctc sont légitimes, mais en ma qualité de directeur et responsable, je ne pouvais pas m’absenter».

Rien que pour son département, il déplore le fait que le personnel administratif du commissariat à la santé n’a pas bénéficié la nouvelle grille indiciaire appliquée aux paramédicaux et aux médecins. Au commissariat à l’Education, en centre ville sur la place emblématique de l’Indépendance, l’appel de la Ctc n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Jusqu’aux coups des 12 h, les bureaux ont été presque vides, rares ceux qui ont été occupés par une personne durant les horaires de travail officiels.

Mais l’envers du décore a été visible à quelque pas de là, au bâtiment abritant deux ministères du gouvernement central. L’ambiance habituelle des lieux y régnait aussi bien au rez-de-chaussée, où sont logés les départements de la Justice, Fonction publique et autres relevant du ministère d’Etat, qu’à l’étage où se trouve le ministère de la Santé. La secrétaire du ministre de la Justice justifie cette présence par le fait que «les gens ne pouvaient pas s’absenter de leur lieu de travail avec le contrôle physique annoncé».

Amina Saïd a évoqué une autre raison valable à cette inobservation du mot d’ordre. «Le manque de sensibilisation et de communication a joué un rôle important. Je n’étais pas au courant qu’un arrêt de travail a été décrété, je l’ai appris à mon arrivé au travail», se justifia-t-elle aussi. Toutefois, elle n’a pas été la seule personne à relever ce problème de communication et sensibilisation.

Lors de notre passage, un peu plus tôt, au commissariat aux Finances de Ngazidja, la remarque a été faite. Ce que ne va pas démentir le principal administrateur de la centrale syndicale. Salim Soulaïmane, le secrétaire général de la Ctc, a reconnu qu’il y a eu une défaillance en matière de communication.

«Cette mission de communiquer sur cet arrêt de travail a été confiée aux syndicats affiliés à la Ctc», lâchera-t-il. Mais il soutiendra, toutefois, que «dans son ensemble, le mot d’ordre a été relativement respecté car les cibles de cette information ont été réceptives de notre message.

C’est seulement au niveau des transports qu’il n’y a pas eu de réaction car nous avons constaté que le syndicat Wusukani wa masiwa a été manipulé par le gouverneur de Ngazidja. Nous attendons d’avoir les résultats de ce qui s’est passé à Ndzuani et Mwali et dès demain [aujourd’hui,Ndlr], nous allons procéder à l’évaluation de notre mot d’ordre».

Pour Salim Soulaimane, ce mot d’ordre d’arrêt de travail de 24 heures est une manière de prendre le pouls et surtout voir comment l’idée sera reçue par les travailleurs. «L’opposition politique est paralysée, il ne reste que le mouvement social pour combler le vide laissé par l’opposition politique», fait-il constater. 

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