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Université des Comores : Un arrêt de cours de 48 h pour protester contre les conditions d’études

Université des Comores : Un arrêt de cours de 48 h pour protester contre les conditions d’études

Société |  | Abdou Moustoifa

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Deux semaines après la proclamation des résultats du premier semestre, les étudiants du site universitaire de M’vuni pointent les ‘‘dysfonctionnements de l’université à l’origine des mauvais résultats du premier semestre’’.

 

A partir de demain, mardi, le site universitaire de M’vuni va observer un arrêt de cours de 48 heures pour protester contre les conditions d’études, jugées ‘‘indécentes’’. Dans un entretien, samedi, avec Al-watwan, le président de la coopérative des étudiants de M’vuni, Toiouilou Ahamada, a expliqué que l’initiative avait recueilli l’adhésion des toutes les facultés.

Selon lui, si les résultats du premier semestre sont aussi ‘‘catastrophiques’’, c’est parce que ‘‘les conditions d’études ne sont pas adéquates’’, bien que, dit-il, il ait exprimé tous ces griefs  aux autorités compétentes dès le début de l’année.

Parmi les problèmes souvent soulevés par les étudiants de M’vuni, figure la question du sureffectif, qui frappe la faculté des lettres et des sciences humaines et celle de droit et des sciences économiques. A l’en croire, la capacité d’accueil des amphithéâtres est inférieure à l’effectif actuel des étudiants.

«Rien qu’avec les deux facultés, nous comptabilisons environ 6.700 étudiants alors que les salles sont toujours les mêmes depuis belle lurette, excepté quelques nouveaux amphithéâtres construits ces dernières années», a-t-il dit. Il prendra l’exemple du département de droit, qui était obligé de se débarrasser des  tables-bancs pour pouvoir laisser un peu d’espace aux étudiants.

A part le sureffectif, le manque de sonorisation

Le président de la coopérative estime que ces effectifs pléthoriques condamnent, en partie, les étudiants à l’échec. L’absence de sonorisation dans les amphithéâtres reste une autre paire de manche. «Comment peut-on comprendre que dans une salle de 100 étudiants, seule une vingtaine arrive à valider», s’interroge-t-il. Et d’ajouter que «nous avons réceptionné neuf haut parleurs, mais ils sont insuffisants».

S’il reconnait que la responsabilité de ces échecs ne peut être imputée qu’aux étudiants, il estime, toutefois, que les mauvaises conditions d’études y sont aussi pour quelque chose. Dans son plaidoyer, Toiouilou Ahamada citera enfin le problème des toilettes. Actuellement, le site en possède dix accessibles. Mais, ce chiffre demeure toujours insuffisant pour 6.700 étudiants.

«Certains étudiants sont obligés de rentrer chez eux, parfois à Moroni, pour se rendre aux toilettes». Il appelle donc les autorités, notamment  le président de l’Université et le ministre de l’Education, à trouver une solution à ces questions.

«Nous sommes convaincus qu’une solution immédiate ne semble pas possible, mais notre combat consiste à bâtir un meilleur avenir pour les générations futures», a-t-il affirmé.A l’heure où nous écrivions ces lignes, le syndicat des enseignants de l’Université des Comores n’était pas encore au courant de cette grève des étudiants du site de M’vuni.


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