À Mutsamudu, la journée scientifique organisée pour les 20 ans du Collectif du patrimoine des Comores a montré les enjeux de préservation du patrimoine comorien et renforcé le plaidoyer en faveur de l’inscription des médinas historiques à l’Unesco.
Le Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) poursuit la célébration de son 20e anniversaire. À cette occasion, une journée scientifique s’est tenue mardi 9 juin dernier à l’Alliance française de Mutsamudu autour du thème : «Patrimoine, médinas et mémoire collective aux Comores : enjeux de préservation, de transmission et de valorisation». L’événement a réuni universitaires, chercheurs, experts et autorités. Au programme, plusieurs communications scientifiques et échanges autour de la préservation du patrimoine et de sa transmission aux jeunes générations.
Une présentation de Gabusi a été offerte au public. Dans le premier panel consacré au thème «Patrimoine, mémoire et identités en Afrique», le professeur comorien Moutui Abdou Salam Moutui, enseignant à l’Université St. Francis Xavier au Canada, est intervenu sur le sujet «Du rêve à la réussite : de Mutsamudu aux universités canadiennes».
Présent à l’ouverture des travaux, le gouverneur de Ndzuani, le docteur Zaidou Youssouf, a rendu hommage à l’engagement du Cpc. «Pendant vingt ans, vous avez fait preuve de résilience. Vous n’avez jamais baissé les bras malgré les nombreuses difficultés que vous avez rencontrées sur votre chemin. Aujourd’hui, après vingt ans de combat avec conviction et détermination, nous passons de l’oubli à la reconnaissance. Grâce à votre engagement et à votre amour pour votre culture, nous portons avec le monde un autre regard sur notre histoire», a-t-il salué.
Le gouverneur a également rappelé que la sauvegarde du patrimoine demeure un combat de longue haleine. «Des femmes et des hommes vaillants, impulsés par la fierté de leur histoire, se sont jetés il y a vingt ans dans une bataille rude pour redonner vie à nos sites historiques, restaurer notre identité et notre civilisation. Mais le chemin reste encore long. Au-delà de nos médinas et de nos sites historiques, notre plus grande richesse réside dans nos valeurs sociales basées sur le respect, la fraternité, la cohésion sociale et la paix», a-t-il insisté.
Pour la présidente fondatrice du Cpc, Fatima Boyer, cette journée scientifique constitue une contribution importante au dossier de candidature des médinas historiques comoriennes à l’Unesco. «Je suis honorée de vous accueillir dans le cadre de cette importante manifestation. Cette journée scientifique vient enrichir les éléments du dossier de candidature des médinas des Sultanats historiques des Comores qui regroupent Ntsoudjini, Itsandra, Moroni, Ikoni, Domoni et Mutsamudu. L’Unesco vient d’accorder des appréciations positives à ce dossier.
Ce premier résultat nous rend tous heureux pour notre pays, qui demeure aujourd’hui le seul de l’océan Indien à ne disposer d’aucun site inscrit au patrimoine mondial », a-t-elle dit. Selon elle, cette avancée représente également une reconnaissance du travail accompli par l’association depuis deux décennies. «Cette appréciation représente pour notre association un véritable cadeau d’anniversaire. C’est après vingt ans d’engagement pour la sauvegarde, la sensibilisation et la valorisation du patrimoine de l’Union des Comores », a ajouté Fatima Boyer.
Le président du comité scientifique de la journée, Dr Ibraza Omar, a de sa part rappelé les objectifs de cette rencontre. «L’organisation d’une journée scientifique dans le cadre du 20e anniversaire du Cpc répond à la volonté de valoriser la recherche, la réflexion et la transmission des connaissances autour du patrimoine culturel comorien. Cet événement réunit universitaires, chercheurs, étudiants, décideurs publics et acteurs culturels issus des Comores ainsi que de plusieurs pays partenaires.
Il constitue également un espace de sensibilisation du grand public à l’importance de l’héritage culturel dans la construction de l’identité nationale», a-t-il expliqué. Pour lui, les travaux présentés lors de cette journée apportent une contribution concrète aux ambitions des Comores auprès de l’Unesco. «Les échanges scientifiques, les communications présentées et les recommandations formulées par les experts nationaux et internationaux contribuent à renforcer la crédibilité et la qualité du dossier de candidature.
La mobilisation du monde académique et des partenaires institutionnels témoigne d’un engagement collectif en faveur de la sauvegarde et de la promotion du patrimoine culturel. Cette journée scientifique constitue un levier de plaidoyer, de coopération internationale et de visibilité au service des ambitions des Comores auprès de l’Unesco», a-t-il conclu.


