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A la rencontre de Hamzati Ali Mze I L’art du sac à main au féminin, aux couleurs du pays

A la rencontre de Hamzati Ali Mze I L’art du sac à main au féminin, aux couleurs du pays

Culture | -   Nakib Issa

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Inspirée par les motifs, les traditions et l’âme de l’identité comorienne, Hamzati Ali Mze est une créatrice qui façonne des sacs à main uniques où se rencontrent élégance, identité et authenticité. À travers chaque pièce, elle raconte une histoire de culture, de passion et de transmission.


Hamzati Ali Mze est un designer d’intérieur et artisane créatrice, originaire de Dembeni ya Mbadjini, à Ngazidja. Installée à Moroni (Malouzini) pour son travail, cette amatrice de l’artisanat comorien a su mélanger sa vision et son savoir-faire pour créer des sacs à mains et des coussins faits à la main. Cela fait déjà plusieurs années depuis qu’elle fabrique ces joyaux. Selon elle, tout a commencé par passion, mais il y a quelques mois, elle a décidé de se former et de structurer son travail de manière plus professionnelle. Depuis, elle développe peu à peu sa propre identité créative, en donnant à chaque sac une couche unique qui reflète son univers.


«J’ai toujours eu un amour profond pour l’art. Etant petite, mon père m’apprenait à fabriquer mes propres jouets moi-même, et j’adorais créer et imaginer des choses avec mes mains. Cette passion pour la création m’a naturellement menée vers l’artisanat, un domaine où je peux donner vie à mes idées, ainsi que proposer des pièces uniques, porteuses de sens», a-t-elle expliqué avant d’ajouté que son environnement familial a aussi nourri cette créativité. «En grandissant, j’observais ma mère et ma grand-mère travailler à la couture c’est ainsi que je me suis inspiré», a-t-elle fait savoir.


Décrivant ses produits, Hamzati Ali Mze parle de produits originaux et faits à la main qui allient modernité et touche culturelle, avec une attention particulière aux détails, à la finition et à la personnalité de chaque modèle. Des produits, selon elle, à base de matériaux résistants et durables. «Pour les sacs et les coussins, ce sont plutôt des tissus récupérés chez des couturiers, en utilisant les chutes qui, autrement, seraient jetés. Cela me permet de donner une seconde vie à ces matériaux, tout en créant des pièces uniques», a-t-elle indiqué montrant qu’elle les complète avec d’autres matières artisanales de qualité, en veillant toujours à ce que ça soit «solide, esthétique et respectueuse à l’environnement».


Pour son travail, Hamzati reste patiente. Elle n’est pas pressée du tout, elle mise sur la qualité dans ses réalisations, et non la quantité. Elle prend donc son temps pour fabriquer un produit qui attirera l’attention de tout le monde, un produit qui rivalisera avec ceux des autres en matière de qualité et de durabilité. «Ça peut prendre plusieurs jours mais cela dépend de la complexité du modèle. Par exemple, pour la la broderie faite à la main, cela demande beaucoup plus de patience, de précision et autant de minutie», a précisé celle qui reste influencée à 100% par la culture comorienne.


Hamzati Ali Mze reste convaincue que la culture comorienne est une grande source d’inspiration pour elle, sur laquelle elle s’appuie pour mettre en valeur les couleurs, les textures, les symboles traditionnelles et l’identité du pays, à travers la mode et l’artisanat «J’ai remarqué que dans les cérémonies de mariage, on voit énormément des produits importés remplaçant le savoir local. Donc pour moi, c’est une motivation pour pérenniser notre héritage culturelle», a-t-elle mentionné. Concernant les difficultés rencontrées, Hamzati raconte que ces dernières ne sont pas à minimiser, car elles sont liées à l’accès aux matériaux.

Parfois, à l’en croire, elle est obligée d’importer. Elle citera comme autres difficultés celles liées à la clientèle. «S’attirer des clients et avoir une visibilité à travers la nature du produit est un défi immense. C’est encore plus compliqué dans la mesure où les jeunes sont beaucoup influencés par les produis fabriqués et venant de l’extérieur», devait-elle souligner.
En tout cas, notre interlocutrice ne se laisse pas abattre et lance ainsi un message fort aux personnes qui exercent ou qui veulent se lancer dans le domaine. Pour elle, il faut croire à son talent et ne pas avoir peur de commencer. Elle conseille alors de rester «fidèle à son identité, de s’entourer des personnes positives, de ne jamais craindre l’imperfection car chaque erreur est une opportunité de progresser».

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