Selon Saïd Mohamed Ali Saïd, c’est sur cette base qu’on peut demander et obtenir un financement à l’Etat

 

Lors du Pica festival, du 26 au 30 octobre, les organisateurs dénonçaient le «manque d’accompagnement» de l’autorité publique. Pour eux, il ne s’agit pas que de cet évènement qui est à sa deuxième édition, mais de tous les domaines de la Culture. Selon un des fondateurs du Pica Festival, Ali Ahmed Mahamoud, la Culture serait le parent pauvre du gouvernement, pas seulement ici : «Je pense qu’un peu partout il y a des coupes budgétaires qui concernent la Culture et l’éducation. Mais ici, encore plus, où elle est reléguée non pas au second plan, mais au dernier plan parce que les subventions n’existent quasiment pas». 


Une affirmation que rejette l’actuel ministre de la Culture, Saïd Mohamed Ali Saïd, selon lequel le mécanisme d’attribution des subventions de l’Etat aurait évolué : «Toute manifestation culturelle qui sollicite un soutien financier public doit désormais être inscrite au Plan de travail annuel (Pta) du ministère. Les organisateurs doivent, pour cela s’adresser, à la direction de la Culture, qui recense les projets et propose leur intégration à notre programmation. C’est sur cette base que le ministère peut ensuite demander les financements à l’Etat».

Renforcer la communication 

Le ministre de la Culture reconnait, toutefois, que ces règles sont, encore, trop peu connues des acteurs culturels. A ce sujet, «j’ai demandé à la direction de la Culture de renforcer sa communication auprès des organisateurs de festivals et des porteurs de projets, afin que chacun sache quelles démarches entreprendre pour qu’il puisse anticiper sa demande», a-t-il assuré.

Le ministre invite «les responsables du Pica à la contacter pour que leur festival soit inscrit à notre prochain Plan de travail annuel. Je regrette sincèrement que nous n’ayons pas pu les accompagner pour cette deuxième édition. Je mesure l’engagement que demande l’organisation d’un tel événement. Mais cette situation ne remet pas en cause l’intérêt que nous lui portons. Notre ambition reste d’accompagner, dans la limite de nos moyens et dans le respect des procédures, celles et ceux qui font rayonner la Culture comorienne».


En attendant la prochaine édition, Ali Ahmed Mahamoud regrette que la première ait été organisée «pratiquement sans les autorités». «La deuxième édition on l’a fait sans les autorités. Nous avons eu un appui du Cnac (Centre national de l’artisanat comorien, Ndlr) comme la première fois. Mais on peut dire que c’est dû aux rapports et aux relations privilégiées que nous entretenons avec le Cnac». Une chose que les organisateurs voudraient voir s’étendre au ministère et à la direction de la Culture : «Qu’ils nous entendent parce que nous sommes, aussi, des ambassadeurs des Comores à travers notre histoire, à travers notre photographie», martèle Ali Ahmed Mahamoud.

Des soutiens «ont été faits»

S’agissant de cette édition, «les organisateurs du Festival pica nous ont effectivement sollicités il y a un peu plus d’un mois. Leur événement ne figurait pas au Pta et, dans le cadre des procédures actuelles, nous n’avons pas pu donner suite favorablement à leur demande», admet Saïd Mohamed Ali Saïd qui est revenu sur l’accompagnement du ministère aux acteurs culturels : «depuis ma prise de fonctions, plusieurs manifestations ont été accompagnées : le Daradja festival à hauteur de 52 millions de francs, le Médinas festival pour 30 millions et le Gombessa festival pour 10 millions.

Les festivals Djoumbe Fatima et Mbeni Ngoma sont également en lice pour 10 millions chacun. D’autres événements figurent dans notre programmation, comme le festival des Arts Contemporains des Comores, le festival Mbae Trambwe et le Gamdji festival». 
Toujours est-il que pour les acteurs de la photographie, «les difficultés et les défis sont multiples parce qu’on est dans un pays où le métier de photographe n’est pas reconnu. Je parle en connaissance de cause. Nous n’avons pas d’endroit dédié à la photographie. Nous manquons de référence ne serait-ce que par rapport aux photographes comoriens qui sont passés et qui ont fait un travail formidable comme Mbaraka Sidi et tant d’autres». Des photographes, «qui ont été témoins de l’histoire et du passé de notre pays, d’une réalité sociale qu’on ne peut pas trouver quelque part aujourd’hui».Enfin, au-delà d’un accompagnement financier, Ali Ahmed Mahamoud espère que des musées de la photographie contemporaine et de la photographie historique du pays verront le jour.