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Anjouan Fashion Week 2018 : Une première édition haute en couleurs

Anjouan Fashion Week 2018 : Une première édition haute en couleurs

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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S’il n’a pas connu l’engouement auquel on était en droit de s’attendre, pour un événement de cette envergure, la première édition de l’»Anjouan Fashion Week» aura eu le mérite de faire valoir, si besoin était, le potentiel artistique (inexploité) de l’île aux parfums et des Comores, en général. C’est assurément dans cet aspect-là que l’on peut parler d’un événement réussi.

 

L’hôtel Le Refuge KparK, où a eu lieu la première édition de «Anjouan Fashion Week», la nuit du samedi 30 juin à Wani, était dans son apparat des grands jours. Et pour cause! Il allait accueillir orchestres, chanteurs, stylistes, mannequins, troupes de danses et autres gastronomes venus des îles de Ndzuani, Ngazidja, Maore voire La Réunion. L’entrée en scène de l’orchestre féminin Mahabouba, sur les coups de 20 heures, lançait un événement qui allait se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit. Composé exclusivement de femmes – au piano, à la guitare, aux batteries – l’orchestre faisait monter l’ambiance avant le lancement du premier défilé de mode, porté essentiellement vers le grand-mariage comorien, dans un mélange «harusi» et «anda», les femmes en gawuni à l’anjouanaise et les hommes en djoho. Des créations respectives de Zali et Aichat, stylistes issues respectivement des îles de Ndzuani et Ngazidja.

Suivront les prestations musicales de Ridhoine et de Foudhayla, et une chorégraphie de la troupe «Éclat de lumière». Et puis le second défilé, présentant la collection de Nizar Halidi, laquelle alliait robes en shiromani, vestes en wax et pantalons jeans.

Début prometteur

Un défilé aux accents modernes. Tous les modèles présentés seront en expo-vente, du 1er au 9 juillet, à l’hôtel Le Refuge KparK, associés à ceux de Firanzula Lydie et Gigan Englantine, jeunes stylistes de l’île de La Réunion. La soirée sera close par un des tubes de l’orchestre Mahabouba. L’apothéose ! Les invités en redemanderont. De quoi digérer, sur la piste de danse, un buffet ponctué par un «délice» du gastronome mahorais, Chakila Ahmed Radjabou.


«C’est un événement culturel qui aurait quand même demandé à ce qu’il y ait beaucoup plus de monde. Je suis un peu déçu qu’il n’y ait pas assez de monde», a regretté, à l’issue de la soirée, Kamaroudine Abdallah. Cela dit, concède cet enseignant, «de telles initiatives méritent d’être encouragées», parce qu’elles «mettent en valeur le savoir-faire traditionnel comorien et anjouanais en particulier». «J’espère que la prochaine édition aura plus d’impact, plus d’écho et que l’on pourra montrer également dans la région, et au-delà, que nous réalisons de bonnes choses aussi», a-t-il fait le vœu en appelant les organisateurs à axer leurs efforts sur la communication, la «première des choses», pour sensibiliser la population.


S’il n’a donc pas connu l’engouement auquel on était en droit de s’attendre, pour un événement de cette envergure, la première édition de l’»Anjouan Fashion Week» aura eu le mérite de faire valoir, si besoin était, le potentiel artistique (inexploité) de l’île aux parfums et des Comores, en général. C’est assurément dans cet aspect-là que l’on peut parler d’un événement réussi. «L’événement a eu l’impact attendu. Nous avons pu mettre en avant les potentialités de l’île en matières de musique, de couture ou encore de gastronomie», a déclaré Saïd Abdoulkarim alias Sak Fofana, cadre supérieur du Groupe KparK, un capital-investissement disposant de plusieurs filiales, notamment dans l’hôtellerie, à l’initiative de l’»Anjouan Fashion Week».


Le groupe KparK, présidé par la directrice de Comores Air assistance à Ndzuani, Noura Abodou Razak, entend à travers cette initiative, «faire d’Anjouan la plaque tournante des îles». Ridhoine Zarouki, une des participantes, y voit un «bon début». «Je suis heureuse d’avoir pris part à cet événement. Je crois que l’on peut faire mieux, en espérant que cette initiative pourra faire avancer, développer nos talents, notre savoir-faire», a-t-elle laissé entendre.


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