Les organisateurs regrettent l’absence d’un espace consacré à la photographie. Parmi leurs objectifs figure l’ouverture d’un musée de la photographie

 

La deuxième édition du Pica festival, consacré aux «pratiques culturelles», a été officiellement ouverte ce lundi 26 octobre à la place Badjanani, en présence du maire de Moroni, Omar Mohamed, des notables de la ville, artistes et amateurs de la photographie et des arts visuels de manière générale. Ce rendez-vous réunit, cette année, plusieurs photographes comoriens et étrangers, autour d’expositions, de conférences et d’autres activités consacrées à la photographie.


Après la cérémonie d’ouverture, une visite guidée a conduit les participants à travers les quartiers de Badjanani, de Mtsangani et de Madjenini, à la découverte des différents lieux d’exposition. La cérémonie a débuté par les mots de bienvenue de Farouk Djamili, avant que Mahamoud Ali Ahmed, alias Doudou, co-organisateur de l’édition, ne présente les grandes lignes du programme.

Vers l’ouverture d’un musée

Ce dernier a attiré l’attention sur les difficultés auxquelles se heurtent les photographes comoriens. Il a regretté, notamment, la «faible place» accordée au photoreportage dans la presse écrite : «on voit très peu de choses en termes de photographie au pays et il n’y a pas, de nos jours, de photoreportages dans la presse écrite», a-t-il déploré. Selon lui, cet état de fait contribuerait à la méconnaissance du métier et aux possibilités qu’il offre.


Après avoir regretté l’absence d’un espace consacré à la photographie aux Comores, il rappelé que parmi les combats menés à travers Pica festival, «c’est de parvenir à l’ouverture d’un musée de la photographie». Pour ce qui est de l’objectif spécifique de cette édition, Mahamoud Ali Ahmed a déclaré qu’il s’agissait de préserver «les images qui témoignent de l’histoire du pays et de ses réalités sociales, tout en donnant plus de place à la création contemporaine». Pour lui, le choix porté sur la vieille ville comme lieu des expositions, répond à la volonté de rapprocher les œuvres du public. 


Cofondateur du festival, Farouk Djamily, qui figure, par ailleurs, parmi les exposants à cette deuxième édition, défend cette approche à travers sa propre démarche artistique : «nous sommes contre les espaces fermés, car nous voulons que la photographie aille directement vers le public», a-t-il lancé en martelant que le thème de cette édition, consacré aux pratiques culturelles, va permettre de mettre en lumière certaines traditions et scènes de vie de l’archipel.

 Il a présenté une série photographique sur le «Mawulida des pêcheurs», une célébration qu’il aurait découvert sur le terrain à Mtsamdu à Ndzuani : «c’était quelque chose de très vivant, ouvert et très jovial», a-t-il apprécié, évoquant un rassemblement marqué par les chants et la danse et qui est organisé, deux mois durant, sur l’île.


La visite guidée organisée après la cérémonie a permis aux participants de découvrir les œuvres installées dans différents endroits de la médina, de Badjanani à Mtsangani, en passant par Djuwamdji. Une manière de faire de la vieille ville un lieu de rencontres entre les artistes, leurs photographies et les visiteurs.
 
Former et entrevoir les perspectives

Pour les organisateurs, la reconnaissance de la photographie passe, également, par la formation et l’accompagnement des jeunes talents. A ce sujet, les intervenants ont révélé que des démarches étaient engagées en vue de mettre en place un module de formation à l’Université des Comores, en collaboration avec des partenaires réunionnais.


Enfin, Mahamoud Ali Ahmed souhaite également favoriser la présence des photographes comoriens sur la scène internationale : «Il faut que le jeune Comorien puisse s’exprimer dans ce genre d’événements pour pouvoir s’exporter à l’extérieur», a-t-il soutenu. Ainsi, à travers cette deuxième édition, Pica festival cherche à contribuer à une meilleure reconnaissance de la photographie aux Comores, tout en valorisant les pratiques culturelles et le patrimoine de l’archipel.
Les activités se poursuivent jusqu’au 31 octobre.