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Chucky Mista Res, ndopvi eka tsi ndae

Chucky Mista Res, ndopvi eka tsi ndae

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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«Album yangu bo mze yidja, nge disao». Entendez : «mon album est là, et il cartonne». La formule est extraite dans Cbz, le deuxième des quatorze titres que compte «Ndopvi eka tsi ndami» (Qui d’autre que moi ?), le premier album de Chucky Mista Res, sorti le vendredi 22 février.

 

Depuis ses débuts dans les ruelles étroites de Sada, à Moroni -Irungudjani, jusqu’au 145 rue Félix Pyat à Marseille, où il est programmé au Salon d’Ishtar, en avril prochain, Chucky Mista Res – Fahad Youssouf de son vrai nom – a fait bien du chemin. «Je baigne dans la musique depuis l’âge de 8 ans. J’écoutais à l’époque beaucoup de rap. Mon premier texte remonte à l’an 2001. Les mots volaient dans tous les sens, il n’y avait aucune cohérence. Tout ce qui importait, c’était la tonalité», se rappelle l’artiste de Watwaniya Production, label dirigé par… Cheikh Mc. Autant dire donc que le rappeur de poche – un peu plus d’un mètre cinquante – a été à bonne école. Short, Ray-bane, bandana ou casquette vissée sur la tête, Chucky a su prendre de la hauteur avec son Style et ses Punchlines (deux des titres de l’album).
Le rappeur tient son pseudonyme de la célèbre poupée tueuse du film de Ronny Yu. «Les gens la croient inoffensive, mais elle fait des dégâts». Tout comme son flow. Chucky Zee débute dans le rap au sein des «Moudjahidin de la rue», s’illustrant dans les concerts de fin d’année du Groupe scolaire Avenir (Gsa), où il a passé sa scolarité. Mais il n’aura pas la patience d’aller au bout de ses études. «Tsandza nitimizi emisomo nge nifanye rap sha tsiono hama ngamhomo», chante-t-il sans complexe dans Mistarap, morceau qui retrace son parcours, lequel est marqué par un bref crochet dans la danse, aux côtés des «Invincibles Armada». «Le premier groupe de danse hip-hop. C’est à partir de là que j’ai commencé à me faire un nom. Je n’avais pas pour autant mis de côté le rap. Je sortais des morceaux et faisais des featuring ici et là», signifie-t-il. Le morceau «Mi ndekina»  notamment, qui «a fait sensation» dans la compile «Watwaniya session».

Consécration

Il faudra toutefois à l’artiste attendre l’année 2014 pour voir sa carrière décoller. L’année où est sortie sa première mixtape, Chucky one, composée de douze titres. «La mixtape a carrément mis le feu. Elle est jusqu’à présent écoutée. C’est devenu un grand classique». Une seconde mixtape en 2015, Gang swag apvo raha, «appréciée mais pas comme la première». Et puis la série «Frestyle tsio», comptant à ce jour neuf sons. «C’était surtout pour donner au public de quoi se délecter, en attendant la sortie de l’album», fait-il savoir. La performance lui permet en tout cas de remporter, successivement en 2016, le prix du meilleur projet hip-hop aux Comores hip-hop dayz ainsi que le prix du meilleur artiste comorien aux Voix de l’Océan Indien (Voi) à La Réunion. Des distinctions  qui «venaient récompenser mon travail et ma passion pour la musique».

Nul autre que soi



Chucky Mista Res enchaine ensuite, en 2018, avec la tournée «Upezo Tour» de Cheikh Mc, en France et à Mayotte. «J’ai fait beaucoup de dégâts à Marseille. Le public a répondu présent et reprenait les paroles des chansons», laisse-t-il entendre. L’artiste y est programmé, le 28 avril prochain, pour le premier concert de son album. Ndopvi eka tsi ndam’, explique t-il, «est l’expression de l’initiative personnelle. Les gens croient que c’est de la vantardise, mais le but est de montrer que pour atteindre ses objectifs ou réussir à changer les choses, il faut d’abord compter sur soi-même. Le coup de pouce ne vient qu’après».
Le rappeur à en tout cas su se diversifier, se détacher de cet «ego trip» qui lui colle dans la peau, pour aborder des thèmes qui interrogent la société. Comme dans Wufitina, Zibwata ou encore Din wa dunia, morceaux dans lesquels il dénonce l’hypocrisie, pointe du doigt la débauche et trace le chemin de la droiture. Il a su insérer également un brin de romance, dans Tsi hwandza, chanté en duo avec Dadiposlim. Twabrane, Says’z, Jack, Ou2s et Sourette sont les autres invités surprises de cet album. Déjà disponible dans les platesformes d’écoute, Deezer et Apple Music, Ndopvi eka tsi ndam’ sera dans les bacs à partir de demain, vendredi 1er mars. Servez-vous ! En attendant le concert, prévu courant juin.

Dayar Sd

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