Les organisateurs ont su mobiliser les populations locale, donner à ce rendez-vous une portée nationale et se projeter vers l’avenir
Après neuf jours d’intenses activités culturelles, éducatives et spirituelles, la deuxième édition du “Festival du 5 avril” s’est achevée samedi 11 avril à Singani dans une atmosphère empreinte de ferveur, de partage et de transmission. Entre célébration culturelle, réflexion citoyenne et engagement communautaire, l’événement se positionne, désormais, comme un rendez-vous incontournable du calendrier socioculturel local.La cérémonie de clôture s’est tenue autour d’une Tilawa animée par l’association Itihad Djuzur’Kamar, réunissant habitants, autorités locales et participants venus célébrer la fin d’une semaine qualifiée d’”exceptionnelle”, selon un avis largement partagé.
Moment de recueillement et d’unité, cette lecture de versets du Saint Coran a, symboliquement, refermé un festival marqué par la diversité des expressions culturelles et sociales. Ce fut, également, l’occasion de récompenser les participants aux différents concours organisés tout au long du festival. Des attestations et cadeaux divers ont été remis aux lauréats des compétitions de récitation du Saint Coran, de marathon, de pétanque, d’orthographe, de volleyball, de mathématiques ainsi que du tournoi PlayStation, illustrant la volonté des organisateurs d’associer savoir, sport, spiritualité et loisirs dans une même dynamique communautaire.
La dernière journée du festival a, par ailleurs, mis l’accent sur les connaissances scientifiques et la prévention. Une exposition suivie d’une conférence organisée à l’école primaire de Singani par l’Observatoire volcanologique du Karthala a permis d’aborder la thématique “Volcan et aménagement”. Face aux réalités géologiques de l’archipel, les intervenants ont sensibilisé la population aux enjeux liés aux risques volcaniques et à la planification territoriale, et rappelé, à ce sujet, l’importance du maintien d’un dialogue permanent entre science et société.
Au total, cinq conférences ont jalonné cette édition sur des sujets variés et d’actualité. Les violences basées sur le genre, la sensibilisation sur le Vih, ainsi qu’une rencontre littéraire consacrée à l’ouvrage Fleur d’Ylang-ylang de Azhar De Youssouf comme en témoignage à l’ouverture intellectuelle et éducative du festival.Placée sous le thème “héritage et résilience”, cette deuxième édition s’inscrit dans une démarche de mémoire collective et de cohésion sociale. Elle a cherché à créer des espaces d’échanges intergénérationnels, favorisant la rencontre entre traditions, jeunesse et réflexion citoyenne. A travers un programme riche et inclusif, les organisateurs ont voulu mobiliser largement les populations locales tout en donnant au festival une portée nationale. Ateliers, conférences, compétitions et moments spirituels ont, ainsi, contribué à renforcer le sentiment d’appartenance communautaire.
Un bilan “largement” positif
Pour les initiateurs du Festival du 5 avril, le bilan est “largement” positif. L’importante mobilisation populaire constatée et l’adhésion des participants confirment l’ancrage progressif de l’événement dans le paysage culturel comorien. Pour eux, désormais, les regards se tournent vers la prochaine édition qui “devra revêtir une dimension historique particulière”, la commémoration du cinquantième anniversaire de l’éruption volcanique de 1977 ayant incontestablement marqué la localité de Singani en particulier et les Comores en général.
“Le bilan est positif. Nous sommes désormais engagés dans la gestion de l’après-festival, notamment, afin de structurer davantage la recherche de financements et de renforcer les partenariats avec les sponsors. Pour la prochaine édition, notre ambition est claire : voir plus grand, proposer davantage d’activités et élargir encore plus la participation du public. Nous avons déjà présenté le bilan devant la population, et les retours ont été extrêmement encourageants, ce qui nous conforte dans la poursuite de cette initiative”, a résumé Ben Saïd Tahar.
Plus qu’une simple manifestation culturelle, le Festival du 5 avril apparaît ainsi comme un espace de mémoire vivante, où se croisent histoire, résilience et espérance collective, une célébration du passé tournée vers l’avenir. “On a appris le vivre ensemble nous avons relevé tous les défis. Le Festival est une réussite. Nous souhaitons en faire un évènement national et, pourquoi pas, de portée internationale”, devait conclure le membre du comité d’organisation du Festival, Azad Ousseini.


