La troupe s’engage dans une tournée internationale affirmant, plus que jamais, son rôle d’ambassadrice de la création chorégraphique comorienne

 

Des rivages de l’Océan indien aux scènes européennes et jusqu’au cœur de l’Afrique centrale, la compagnie Tcheza poursuit son ascension artistique. En 2026, la troupe comorienne entame une nouvelle tournée internationale ambitieuse qui confirme son statut d’ambassadrice majeure de la création chorégraphique de son pays. Après plusieurs années de présence sur les circuits culturels internationaux, la compagnie franchit une nouvelle étape en multipliant les scènes et les rencontres artistiques. Une aventure humaine et artistique qui dépasse, désormais, les frontières de l’archipel.


Entre juin et décembre prochain, Tcheza assurera huit dates en Espagne précisément à Madrid, à Barcelone et à Gijón avec les spectacles Masiwa et L’Expat. Entre octobre et novembre, ce sera autour de l’Océan indien avec des prestations à la Réunion, à Maurice, au Kenya, en Tanzanie, à Madagascar, et aux Comores, spécialement à Ngazidja et à Mayotte, avec le spectacle Océan indien fraichement créé. 

Affirmer une “identité chorégraphique” 

Pour les membres de la compagnie, cette tournée représente bien plus qu’une série de représentations. Elle incarne la reconnaissance d’un travail artistique construit sur des bases de rigueur et de persévérance : “Nous, le staff, les danseurs et les danseuses, sommes très heureux de pouvoir maintenir un rythme de travail aussi intense. C’est surtout une grande fierté de partager notre art au-delà des frontières et de l’exposer au monde”, confie le chorégraphe Seush.


A travers ses créations, Tcheza poursuit une mission claire: de porter une parole artistique comorienne sur les grandes scènes internationales tout en affirmant une identité chorégraphique contemporaine enracinée dans les réalités sociales et culturelles de l’Océan indien. S’il est vrai que la compagnie n’en est pas à sa première expérience internationale, le Tour 2026 se distingue, cependant, par son intensité et sa simultanéité.

 Plusieurs spectacles circuleront en parallèle, offrant une visibilité inédite au répertoire de la troupe : “Cette tournée est exceptionnelle, car cette fois-ci, Tcheza est partout en même temps. Nos créations tournent sans relâche, les anciennes tout comme les nouvelles”, explique Salim Mze Hamadi.
Parmi les œuvres présentées figurent, notamment, Massiwa et L’Expat, ainsi que la nouvelle création Océan indien, symbole d’un dialogue artistique entre territoires et identités. Trois univers chorégraphiques qui témoignent de la maturité artistique atteinte par la compagnie.

“L’art est là pour nous rassembler”

L’une des étapes majeures de la tournée conduira la compagnie au Congo-Brazzaville, où la dimension pédagogique accompagnera la performance scénique. Le chorégraphe Seush y animera plusieurs ateliers chorégraphiques destinés aux danseurs locaux, favorisant les échanges artistiques et le partage d’expériences. Parallèlement, il présentera son solo, L’Expat, dans le cadre du festival de la Biennale de la danse, un rendez-vous incontournable de la scène chorégraphique africaine. Une présence qui illustre la volonté de Tcheza d’inscrire son travail dans une dynamique de coopération culturelle et de circulation des savoirs artistiques.


A travers ce Tour 2026, la compagnie Tcheza confirme ainsi que la danse peut être à la fois langage artistique, outil de transmission et espace de réflexion collective, une manière de raconter le monde tout en rapprochant les peuples. Au-delà de la tournée, le message porté par la compagnie demeure profondément social et humain. Pour ses membres, l’art dépasse la “simple” performance esthétique.


“Les Comores d’aujourd’hui ont besoin de plus d’art, de plus d’amour et de plus de solidarité. Nous devons nous soutenir pour construire un meilleur avenir. L’art est là pour nous rassembler, nous faire vivre, nous faire réfléchir et nous libérer, pas seulement pour divertir”, affirme, à ce propos, Seush.