Les œuvres doivent aborder différentes dimensions du patrimoine tels que les médinas, les traditions, la musique, la danse, les savoir-faire et la cuisine

 

L’Alliance française à Ndzuani et le Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) ont lancé, ce lundi, un concours d’expression intitulé «Slam ton patrimoine». Ouvert aux élèves des collèges et lycées de l’île, il s’inscrit dans le contexte de l’inscription des médinas des Sultanats historiques des Comores sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Le concours entend, notamment, sensibiliser les jeunes sur la richesse du patrimoine comorien et leur offrir un espace d’expression et de transmission à travers le slam. Pour lancer l’évènement, une conférence de presse a été organisée ce lundi 28 septembre 2026. 


Placée sous le thème «Patrimoine et jeunesse : préserver, transmettre et faire vivre notre héritage», la compétition invite les candidats à aborder différentes dimensions du patrimoine, notamment les médinas, les monuments, les traditions, les récits, la musique, la danse, les savoir-faire ou encore la cuisine. Les candidats ont jusqu’au 23 octobre pour transmettre une vidéo de leur prestation, d’une durée maximale de 2 minutes, accompagnée d’une version écrite du texte en shikomori et/ou en français. A l’issue d’une première sélection, vingt finalistes seront retenus, soit dix dans chaque catégorie. Les résultats de cette sélection seront rendus publiques le 2 novembre prochain.

Immersion dans les sites patrimoniaux

Pour la directrice de l’Alliance française de Ndzuani, Catherine Foulon, le concours doit contribuer à renouveler le regard porté sur le patrimoine tout en donnant une place aux jeunes : «Ce concours poursuit trois objectifs. Le premier, c’est d’abord de dépoussiérer l’image du patrimoine, montrer qu’il n’est pas figé, mais qu’il vit à travers le regard des nouvelles générations. Le deuxième, c’est de donner la parole à tous. Le slam est un art démocratique : pas besoin d’être historien, d’être écrivain chevronné, d’être un spécialiste. Une feuille, un stylo, une voix suffisent, mais surtout une émotion. Le troisième objectif, c’est valoriser le territoire et sa culture», a-t-elle expliqué.


Le concours doit également permettre à différents profils de trouver leur place dans cette initiative : «Qu’on soit slameur débutant, passionné d’histoire ou passionné de mots, chacun a sa place dans ce concours et sur scène. «Slam ton patrimoine», c’est bien plus qu’un concours : c’est un pont entre les générations et un formidable terrain d’expression et de découverte», devait-elle soutenir.
Les finalistes participeront, le 8 novembre, à une journée de formation et de préparation à Mtsamdu. Le programme prévoit, entre autres choses, un travail sur l’écriture, la diction, l’interprétation et la présence scénique. Une visite guidée de la médina, du palais Ujumbe et de la Citadelle est également prévue. La grande finale réunira les vingt candidats à l’Alliance française de Mtsamdu le 28 novembre 2026.

Réveiller les créativités

Dr Ibraza Oumar, directeur du projet Ujumbe, auprès du Cpc, souligne, de son côté, l’objectif de sensibilisation porté par l’initiative : «Il s’agit de sensibiliser les jeunes sur la valeur de notre patrimoine national et de notre héritage. En les incitant à mener des recherches, cette initiative réveillera leur créativité par l’écriture et la parole. A travers le slam, dont le texte peut être transmis par manuscrit, nous offrons aux élèves un espace d’expression pour transmettre leur vision et, sans aucun doute, enrichir nos propres connaissances». Faisant allusion à la journée de formation prévue avant la finale, il précise qu’il est question d’une «immersion au cœur de nos médinas pour permettre aux élèves de s’imprégner pleinement de leur réalité», devait-il conclure.