Tenu dans le cadre des traditionnels “Mercredis du Cndrs” il a réaffirmé l’importance du vivre-ensemble face aux défis sociaux et aux risques de division
Fidèle à son rendez-vous hebdomadaire du mois de Ramadhwani, le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs) a donné, mercredi 25 février, le coup d’envoi de son cycle annuel de conférences sur les questions religieuses, culturelles et sociales. Pour cette séance inaugurale, le thème retenu, “L’union fait la force, la division est un fléau”, a rassemblé un public attentif, venu partager un moment de réflexion, de spiritualité et d’échanges en présence du président de la République, Azali Assoumani.
Les conférenciers, le conseiller du président de la République dans les Affaires religieuses et arabe et le secrétaire général du Front national de la justice (Fnj), respectivement Abdallah Yahaya et Ali Mohamed Soulaimane, ont, tour à tour, insisté sur la “nécessité” du vivre-ensemble dans un contexte marqué par de multiples tensions sociales et politiques un peu partout dans le monde.
Dans une intervention empreinte de pédagogie, le cheikh Abdallah Yahaya a déclaré que l’union constituait un “principe cardinal” dans la religion musulmane : “Etre ensemble est une force. Seul, on ne peut rien accomplir. Aucune société ne peut perdurer sans le vivre-ensemble”, a-t-il soutenu, insistant sur “le fait que la cohésion sociale n’est pas une option mais une exigence”.
S’appuyant sur des exemples contemporains, il a évoqué l’interdépendance des Etats – “y compris les plus puissants”, qui seraient contraints de coopérer par le biais, notamment, des organisations internationales. Dans la tradition musulmane, a-t-il poursuivi, l’unité dépasserait la simple solidarité et elle impliquerait de se soucier de son prochain comme de soi-même. “Le chagrin d’autrui doit être la nôtre”, a-t-il martelé, déplorant le fait que cet idéal “s’effrite dans le monde d’aujourd’hui”.
La division, un danger en religion et pour la société
Le religieux a également insisté sur l’importance du respect mutuel entre personnes de confessions différentes vivant au sein d’une même société, “car le vivre-ensemble demeure le socle indispensable à toute nation stable”. Pour sa part, Ali Mohamed Soulaimane a axé sa réflexion sur les ravages de la division. Selon lui, elle constitue l’un des plus grands péchés en islam : “Dieu nous ordonne l’union et nous interdit la division”, a-t-il affirmé, soutenant que de nombreux versets coraniques “mettent en garde contre les fractures internes”.
Il a énuméré plusieurs “facteurs de discorde” parmi lesquels l’”injustice (dhulma), les rivalités entre leadership, l’orgueil ou encore la volonté d’imposer son opinion à toutes et à tous à n’importe quel prix. “Diviser pour mieux régner” reste, selon lui, une tentation permanente qui fragilise les sociétés.
Au-delà de l’aspect religieux, le conférencier a évoqué les conséquences personnelles et collectives de la désunion.
A ce propos, il a soutenu que “Réconcilier deux personnes serait un acte plus méritoire encore que certains rituels surérogatoires telles que l’aumône ou les prières nocturnes”. Un message fort invitant à l’éducation des jeunes générations dans le respect des valeurs d’unité et de responsabilité partagée.
Appel à “préserver l’unité”
Présent à cette ouverture, le président de la République, Azali Assoumani, a salué la “richesse des échanges et la qualité pédagogique des intervenants”. Il a souligné l’impact des mutations mondiales sur la cohésion nationale et insisté sur la responsabilité des institutions, “notamment du Cndrs”, dans l’effort général de consolidation de l’unité nationale. “L’union est essentielle, mais la confrontation des idées est également nécessaire dans une société. Nous sommes appelés à vivre ensemble, même si des divisions peuvent surgir. Il faut donc savoir comment agir pour faire renaître et consolider l’unité nationale.
Il y a ce qui nous divise, et il y a ce qui nous unit”, a soutenu le chef de l’Etat, avant de souhaiter que ces conférences se poursuivent et perdurent dans le temps. A l’issue de cette première conférence, le public est reparti convaincu de l’importance de ces espaces de dialogue et de réflexion. Plus qu’un simple rendez-vous spirituel, les “Mercredis du CNDRS” s’affirment ainsi comme un forum citoyen où se dessinent les contours d’une société plus solidaire et consciente de ses responsabilités collectives.

