A l’issue de la représentation, un échange a permis aux spectateurs de poser des questions et de partager leurs impressions

 

L’artiste Sitti Thourayat Daoud a présenté son spectacle «Corps de lune» à l’Alliance française de Mtsamdu, samedi 17 octobre dernier. Cette représentation de quarante minutes s’inscrit dans une tournée associant théâtre et ateliers de sensibilisation. Le spectacle soutenu par le Scac de l’ambassade de France aux Comores marquait la fin du programme sur l’île. La pièce aborde le «consentement et le respect des limites personnelles». Des jeux de lumière et des effets sonores ont accompagné la représentation.


La directrice de l’Af de Mtsamdu, Catherine Foulon, s’est réjouie d’accueillir cette représentation, deux ans après sa rencontre avec l’artiste à Mwali, en 2024. «Cet événement met à l’honneur une pièce artistique et intimiste. Bien que l’affluence ne compte pas trois cent personnes, comme initialement espéré, le public présent est exactement celui qui devait être là pour cette représentation. C’est donc un immense plaisir de les accueillir», a-t-elle déclaré. 


Pour sa part, Sitti Thourayat Daoud a rappelé que cette tournée reposait sur l’association d’activités qui abordent les thématiques développées dans la pièce: «Le spectacle s’inscrit dans le cadre d’une tournée aux Comores associant ateliers et théâtre pour la sensibilisation sur les thématiques qu’on aborde. Nous avons réalisé des ateliers dans les différents Clac de Ndzuani et bouclé le programme avec cette représentation à l’Alliance», a-t-elle expliqué. L’artiste, Hadhur Ali Djarna a, quant à lui, précisé qu’il s’agissait d’offrir aux enfants des espaces pour s’exprimer, mieux connaître leur corps et «comprendre qu’ils ont le droit de poser leurs limites». 


Parmi les spectateurs, le slameur El-badaoui Saïd Aboud, alias Slafouete, a insisté, particulièrement, sur l’importance du refus et sur la distinction entre politesse et respect. «Moi, j’ai retenu deux choses de ce spectacle d’aujourd’hui et j’aimerais bien que les plus jeunes les retiennent aussi. C’est la force que doit avoir le “non” et le fait de ne pas confondre politesse et respect. Ce sont deux choses que j’ai beaucoup aimées, des mots qui ont été mis en lumière”, a-t-il apprécié.


Le slameur a également insisté sur le droit de chacun à fixer ses propres limites. «Si on dit non à un adulte ou à quelqu’un, si on dit que notre limite est ici, on pense parfois qu’on est impoli. Mais dire où se situe sa limite ne fait pas de nous des impolis. Cela fait de nous des personnes qui se respectent et qui souhaitent que cette limite soit respectée», devait-il marteler.