Le photographe a projeté dans une ambiance intimiste au Jardin Dhow au sud de Moroni, quelques-unes des photos qu’il a faites des médinas
La Lune faisait partie des invités de marque qui se sont déplacés pour cette deuxième édition du «Boneso la Pica», qu’on pourrait traduire grossièrement par «démonstration de photos». Le photographe Farouk Djamily, aidé de Mahamoud Ali Ahmed, y a projeté des clichés de «Médinas Stories» au Jardin Dhow, au sud de Moroni.
Pour ce photographe, les médinas étaient, déjà, l’un de ses sujets de prédilection bien avant leur consécration avec leur inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, en juillet dernier.Dans une ambiance intimiste, le public a déambulé dans les médinas de Moroni et d’Ikoni à Ngazidja, ainsi que dans celles de Mtsamdu et Domoni à Ndzuani. Il a pu découvrir des scènes de rue avec des hommes jouant aux dominos, ou encore cet homme assis dans le coin d’une mosquée, lisant le Coran. On y voit aussi cette femme assise à l’intérieur d’une maison en train de rire, cette fenêtre en bois rappelant un moucharabieh, ainsi que la citadelle de la capitale de Ndzuani ou le palais Kaviri Djohe d’Ikoni, entre tant d’autres.«Le Boneso la Pica consiste à projeter des photos au lieu de les exposer. C’est aussi une manière de faire connaître les photographes des Comores ainsi que leur travail», explique Farouk Djamily.
La projection a été suivie d’une séance de questions-réponses modérée par Latifa Mchinda. Dans le public, plusieurs personnes ont fait part de leur inquiétude quant à la conservation de ces vieilles villes. D’autres ont estimé qu’un travail de sensibilisation devait être mené dès l’école.
«Une belle soirée placée sous le signe du partage, mais aussi et surtout de la réflexion autour de nos médinas. De belles choses sont déjà là, d’autres arrivent, et des initiatives comme celle-ci nous rappellent à quel point chaque geste compte dans ce combat pour la préservation de notre patrimoine, la transmission de notre mémoire et l’expression de notre amour pour ces lieux qui racontent une part de ce que nous sommes», a déclaré Sanaa Chouzour, visiblement conquise. Un autre participant s’est écrié : «Enfin un peu de positivité, ça fait un bien fou!»Si le Boneso la Pica en est à sa deuxième édition, une autre est déjà prévue pour le 18 septembre. Par ailleurs, du 24 au 31 octobre, le PICA (Festival International de la Photographie aux Comores) se tiendra dans la médina de Moroni, mais pas seulement, avec pour thème «Les pratiques culturelles». Rijasolo Rija, photographe de Madagascar, est notamment attendu ainsi que d’autres de la Réunion. Lors de la première édition du PICA, neuf expositions sur le thème de l’identité étaient disséminées un peu partout dans la médina de la capitale. Un vernissage inédit qui avait remporté un franc succès.
| «Une belle soirée placée sous le signe du partage, mais aussi et surtout de la réflexion autour de nos médinas. De belles choses sont déjà là, d’autres arrivent, et des initiatives comme celle-ci nous rappellent à quel point chaque geste compte dans ce combat pour la préservation de notre patrimoine, la transmission de notre mémoire et l’expression de notre amour pour ces lieux qui racontent une part de ce que nous sommes». (Sanaa Chouzour) |

