Singani célèbre une date, une histoire vivante transmise comme une flamme de génération en génération et une projection vers l'avenir.

 

Pour sa deuxième édition, le “Festival du 5 avril” s’apprête à faire vibrer, du 3 au 11 avril, la localité de Singani au rythme d’une grande semaine culturelle et citoyenne. En mêlant mémoire collective, transmission de savoir, sports, expressions artistiques et spiritualité, l’événement se veut un espace de rencontre intergénérationnel. Il ambitionne de rassembler les habitants de la localité, mais aussi l’ensemble des Comoriens, autour de la commémoration des quarante-neuf ans de l’éruption volcanique de 1977.


Les festivités débuteront vendredi 3 avril par une conférence inaugurale consacrée aux grandes figures de cette cité du Hambuu au centre de l’île de Ngazidja. Ouverte à un large public, cette rencontre intellectuelle, qui sera animée par Azhar de Youssouf et Abdoulwahab Mohamed Djounaïd, doit mettre en lumière les hommes de savoir qui ont façonné l’histoire et la pensée locale.

“Placer les plus jeunes au cœur de l’évènement”

“La 49ᵉ commémoration du 5 avril revêt une portée à la fois nationale et profondément locale. Elle symbolise la mémoire collective face à une épreuve naturelle, mais aussi la capacité du peuple comorien à faire preuve de résilience, de solidarité et de reconstruction. Pour Singani, cette commémoration possède une dimension encore plus intime du fait qu’elle constitue un acte de fidélité à son histoire, un hommage aux générations qui ont vécu l’éruption, et un moment essentiel de transmission aux plus jeunes.

A travers cette deuxième édition du Festival du 5 avril, le village ne se contente pas de se souvenir, il met plus encore en valeur son identité, sa culture et sa capacité à se relever”, estime l’auteur Azhar de Youssouf. Le samedi 4 avril prolongera cette dynamique avec une journée riche en activités. Avant la conférence autour de l’ouvrage Fleur d’Ylang-ylang d’Azhar de Youssouf, plusieurs activités sportives seront organisées au Stade Abderemane, notamment la finale de touch rugby pour enfants, des démonstrations du club local de taebo ainsi que des jeux éducatifs destinés aux plus jeunes.


“La grande particularité de cette édition réside dans notre volonté de placer les enfants au cœur de l’évènement. De nombreux jeux-concours et activités leur seront dédiés afin de les impliquer, de les divertir, mais surtout de les reconnecter à leur culture et à leurs valeurs”, a précisé l’auteur de L’Education du fouet.


Le moment culminant des célébrations, sera la journée du dimanche 5 avril qui débutera, dès l’aube, par un duan tout de suite après la prière de l’aube, placé sous la responsabilité de la catégorie sociale traditionnelle du Wufomamdji. La matinée sera ensuite marquée par le marathon Makorani-Singani, des rencontres de volley-ball et un tournoi de pétanque. A partir de 13 heures, un carnaval communautaire réunira habitants, associations et groupes culturels dans une ambiance festive et inclusive.

Moments “mémoriels, d’éducation et de sensibilisation”

La cérémonie officielle, prévue à 15h30, sera ponctuée d’interventions d’autorités locales et régionales, ainsi que d’un moment mémoriel consacré à l’historique du 5 avril 1977. Des prestations culturelles et poétiques viendront renforcer la portée symbolique de l’événement.
La journée s’achèvera par une grande soirée culturelle traditionnelle mêlant projections patrimoniales, danses locales et performances artistiques.
Au-delà des festivités, le programme accorde une place importante à l’éducation et à la sensibilisation.

Le 8 avril sera dédié aux élèves du primaire et du collège à travers un concours d’orthographe et une formation au numérique, tandis que le 9 avril abordera des enjeux sociaux majeurs lors d’une conférence consacrée aux violences basées sur le genre et au Vih/Sida.
Les jeux intellectuels et traditionnels du 10 avril, scrabble, domino, mdraha et activités numériques, illustrent la volonté des organisateurs de conjuguer héritage culturel et modernité.

 Enfin, la clôture du 11 avril réunira spiritualité et célébration culturelle autour d’un concours coranique, d’un défilé de mode et d’une cérémonie de remise d’attestations, avant une grande séance de Tilawa. “Ce festival devient, ainsi, un espace de transmission intergénérationnelle où l’héritage du passé éclaire le présent, afin d’aider la jeunesse à construire des repères solides et à se projeter avec confiance dans l’avenir”, a résumé un membre du comité d’organisation.