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Exposition. Comoriens de la Grande guerre / Entretenir la mémoire, pour que la France ne meurt pas

Exposition. Comoriens de la Grande guerre / Entretenir la mémoire, pour que la France ne meurt pas

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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1.300 Tirailleurs comoriens, environ, ont pris part dans les rangs de l’armée française, à la Première guerre mondiale. Près de «10%» d’entre eux ont perdu la vie sur les champs de bataille. Lors du vernissage de l’exposition, «Les Comoriens dans la Grande guerre», organisée par l’Ong Ulanga, le directeur de cabinet de la présidence de la République a rendu hommage à «la mémoire de ces brillants combattants qui ont payé de leur vie pour conquérir la liberté et préserver la paix mondiale» et “déploré une «histoire restée longtemps sans mémoire, voire occultée».

 

«Les Comoriens dans la Grande guerre (1914-1918)». Une exposition photos organisée par l’Ong Ulanga, vendredi dernier à l’A-f de Moroni, à l’occasion des commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918 marquant la fin de la Première guerre mondiale. De hautes personnalités politiques et diplomatiques ont fait, en la circonstance, le déplacement. Entre autres, le directeur de cabinet du président en charge de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, et l’ambassadrice de France à Moroni, Jacqueline Bassa-Mazzoni. Près de deux-cent-cinquante-mille soldats noirs africains, issus de l’empire colonial français, ont pris part à cette guerre. Près de vingt-sept-mille y ont laissé la vie. «Le peuple français a une dette envers les tirailleurs de tous pays qui sont venus gonfler ses rangs face à l’ennemi d’alors. Cette dette est sacrée», a déclaré la diplomate française.


Parmi ces soldats venus d’ailleurs, mille-trois-cent Comoriens intégrés dans les rangs des bataillons malgaches et somalis. A peu près «10%» sont «tombés loin de chez eux», au service de la France, «dans une guerre sans aucun lien avec leurs intérêts, avec leurs vies, leurs familles, leurs coutumes et traditions», a rappelé l’ambassadrice.
Ils s’appellent Issilamou M’Roivili, Massouhoudi M’Lantredé, Idjihadi Bambaouma ou encore Ismani Ali, entre autres. Les fiches de décès garnissent les murs de l’Af de Moroni. «Il ne faut pas l’oublier pour que la France ne meurt pas, pour que vive la France», poursuit J. Bassa-Mazzoni devant des anciens Tirailleurs comoriens. Cent ans après, elle invoque le “devoir de mémoire” car «la mémoire des tirailleurs n’est pas une mémoire qui divise, elle est une mémoire qui nous honore tous». Alors, «en ces temps de célébration de la fin de la Première guerre mondiale, rendons leur hommage».


Youssoufa Mohamed Ali, rendant hommage à «la mémoire de ces brillants combattants qui ont payé de leur vie pour conquérir la liberté et préserver la paix mondiale», a déploré une «histoire restée longtemps sans mémoire voire occultée». «Commémorer aujourd’hui le centenaire de la Grande guerre, c’est faire de l’éducation civique et de la pédagogie citoyenne. C’est surtout faire en sorte que la nouvelle génération se souvienne que des Comoriens étaient présents et ont consentis d’énormes sacrifices dans ce conflit planétaire», dit-il avant de lancer la visite de l’exposition, présentée par le docteur Ouledi Ahmed. Celle-ci retrace l’histoire des Comores avant, durant et après la “Grande guerre”. La rétrospective photo laisse voir des éléments de la garde indigène des Comores, des Tirailleurs comoriens en regroupement, des cartes de combattants et autres fiches de décès. Saïd Islam, président de l’association des anciens combattants comoriens, a vivement salué l’initiative de l’Ong Ulanga. «Nombre de combattants comoriens ont participé à la Grande guerre, nombre d’entre eux ont perdu la vie sur les champs de bataille. L’on n’a pas le droit de les oublier», lance-t-il.

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