Porté par un fort engagement communautaire, cette nouvelle édition réunit à Singani mémoire historique, expression culturelle et éducatives et mobilisation citoyenne.
Singani a vibré, ce vendredi 3 avril, au rythme de l’ouverture officielle de la deuxième édition du Festival du 5 avril, un rendez-vous désormais incontournable mêlant mémoire, culture et cohésion sociale. Pendant neuf jours, la cité du centre de Ngazidja célèbre son histoire tout en projetant son avenir à travers une programmation artistique, éducative et sportive riche et fédératrice. L’événement s’est ouvert par une conférence animée par Azhar de Youssouf et Abdoulwahab Mohamed Djounaid, laquelle est consacrée aux grandes figures érudites de Singani. Il s’agit d’un moment de transmission intellectuelle qui a rappelé l’importance du savoir et du patrimoine immatériel dans la construction identitaire de la communauté.
La mémoire collective face à une épreuve
Dès hier, dimanche 5 avril, la ville est animée autour de compétitions sportives, notamment marathon, pétanque et volleyball. Très tôt dans la matinée, les habitants ont investi la place Fas pour célébrer cette journée emblématique, devenue un véritable symbole national de mémoire et d’unité. Avant la cérémonie officielle, un grand carnaval populaire a parcouru les rues de Singani. Drapés de tenues traditionnelles richement exposées, les participants ont offert un spectacle haut en couleurs, illustrant la vitalité de la culture comorienne et la fierté collective d’un peuple attaché à ses racines. «Le festival est remarquable, avec des activités qui suscitent un véritable engouement populaire. Il connaît un essor prometteur et s’inscrit désormais comme un rendez-vous majeur pour la population.
Cette célébration se consolide d’année en année, et nous espérons que le cinquantenaire sera encore plus marquant. Notre ambition est également d’élargir la portée de notre vision à l’ensemble de la région, car il s’agit d’une commémoration comorienne, et non uniquement singanienne», a souligné l’un des organisateurs, Ben Said Tahar. Pour Irham Tilmidhi, la 49è commémoration du 5 avril dépasse le simple cadre festif. Elle symbolise la mémoire collective face à une épreuve naturelle, mais aussi la capacité du peuple comorien à faire preuve de résilience, de solidarité et de reconstruction. «Pour Singani, c’est un acte de fidélité à son histoire et un moment essentiel de transmission aux jeunes générations», a-t-il affirmé.
La volonté des organisateurs
La soirée du 4 avril a été marquée par une marche aux flambeaux, véritable déambulation mémorielle conduisant les participants vers une scène culturelle mêlant chant, slam, poésie et projection d’un film documentaire sur les origines des Comores. Ce documentaire, réalisé par le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), a été produit par le Picell studio dans le cadre du forum sur les métiers de la recherche, soutenu par l’ambassade de France auprès de l’Union des Comores.
À travers cette deuxième édition, Singani ne se contente pas de commémorer une date historique. La cité transforme la mémoire en énergie collective, faisant du Festival du 5 avril un espace vivant de transmission et d’espérance pour toute la nation comorienne. «Ce Festival du 5 avril prend de plus en plus de sens d’une édition à l’autre. L’engouement touche toutes les couches sociales. Cette année encore, neuf jours de festivités artistiques, culturelles et sportives permettront d’aborder des thématiques importantes pour les universitaires, les chercheurs comme pour les élèves», a souligné Ben Houwayad Ibrahim, saluant l’engagement des organisateurs pour donner une portée durable à cette date historique.
La programmation se poursuivra le 8 avril avec une journée dédiée aux élèves du primaire et du collège, avec des concours d’orthographe et des formations au numérique. Le 9 avril abordera des enjeux sociétaux majeurs à travers une conférence consacrée aux violences basées sur le genre et au Vih/Sida. Le 10 avril mettra à l’honneur les jeux intellectuels et traditionnels, scrabble, domino, mdraha et activités numériques, traduisant la volonté des organisateurs de conjuguer héritage culturel et modernité. La clôture, prévue le 11 avril, réunira spiritualité et célébration culturelle autour d’un concours coranique, d’un défilé de mode, d’une cérémonie de remise d’attestations et d’une grande Tilawa.Parmi les participants, l’enthousiasme est palpable. «Je suis très heureux de voir ce programme se concrétiser. Le carnaval a été fantastique. Chacun portait son plus beau costume et son sourire. Ce serait merveilleux si chaque jour ressemblait au 5 avril», a confie Ali Mohamed, visiblement ému par l’atmosphère festive.


