La troisième édition du Festival international Watoro s’est achevée le samedi 8 août après deux soirées de concerts à Mtsamdu et à Domoni

 

Après plusieurs jours d’activités culturelles, le Festival international Watoro a connu son principal temps fort avec deux grandes soirées de concerts organisées jeudi à Domoni et samedi à Mutsamudu. Ces spectacles ont rassemblé plusieurs milliers de festivaliers autour d’une programmation ayant réuni artistes confirmés, jeunes talents et figures de la scène musicale comorienne.


À Mutsamudu, les prestations ont commencé vers 23 heures avec plusieurs artistes locaux, dont Nakcham et Robaro, avant l’entrée en scène de B-Yamson, puis de 2SQUA vers 00h30. Ce dernier a ouvert son passage par l’interprétation de l’hymne national comorien. La soirée s’est ensuite poursuivie avec Says’Z, Goulam, Lico Kinnike et plusieurs animations.
La programmation a permis de varier les styles et les univers musicaux, avec des artistes issus de différentes générations de la scène comorienne. Lico Kinnike a notamment assuré une prestation en live vers 4 heures du matin, accompagné de choristes. 


Des coupures d’électricité ont constitué l’une des principales difficultés de la soirée. Le concert, retransmis en direct et projeté sur écran géant, a également été marqué par une qualité sonore jugée moyenne par certains spectateurs, notamment en raison de l’écho.
Malgré ces contraintes, l’ambiance est restée festive jusqu’aux premières heures de la matinée. La présence du public, composé en grande partie de jeunes mais aussi d’adultes, a démontré l’intérêt de ce rendez-vous culturel devenu régulier à Ndzuani.


Les prestations de Says’Z et Goulam ont été particulièrement attendues. Le second, originaire de Mutsamudu et absent de la scène locale depuis trois ans, a retrouvé son public à travers plusieurs titres, dont «Feréré», interprété avec Sourette. Les deux artistes ont également interprété certains morceaux en duo, dont « Sevressa », qui a particulièrement fait réagir les spectateurs.


Au-delà des performances individuelles, l’événement a également relancé les discussions sur le développement de la scène musicale comorienne et les échanges entre artistes des différentes îles. Interrogé par Al-watwan, Says’Z a ainsi appelé à «renforcer les échanges artistiques dans l’archipel» et à «mieux accompagner les jeunes talents », en s’appuyant notamment sur les artistes ayant déjà acquis une certaine expérience.


Goulam a, de son côté, noté «la difficulté de maintenir un festival sur plusieurs années» et plaidé pour « un accompagnement accru du secteur culturel par les pouvoirs publics et le secteur privé». Il a également évoqué la nécessité de renforcer la formation musicale, notamment à travers la création éventuelle d’écoles spécialisées.


Dans le public, les appréciations sont restées globalement positives malgré les problèmes techniques. Leyanna Plaideau, venue de France pour ses vacances à Ndzuani, a apprécié la «diversité» de la programmation et «la possibilité de retrouver plusieurs artistes sur une même scène». Ibrahim Houmadi, venu notamment pour «les prestations de Says’Z et Goulam», a également salué l’organisation générale et l’ambiance de la soirée.