La place de l’Indépendance a accueilli dimanche 21 juin des centaines de passionnés de musique à l’occasion de la Fête de la musique 2026. Organisée par plusieurs partenaires, cette édition a valorisé les artistes féminines de la scène urbaine comorienne lors d’un concert entièrement live.
La capitale comorienne a vibré au rythme des voix féminines pour célébrer la musique. Organisée par l’Ambassade de France aux Comores, en partenariat avec l’Alliance Française des Comores, Watwaniya Production et l’Association des Dj aux Comores, la manifestation a choisi cette année de mettre en avant les femmes artistes, souvent moins visibles dans un milieu musical dominé par les hommes.
Les festivités ont commencé avec un battle de danse animé par le groupe Afro Comoko avant de laisser place aux différentes prestations musicales. Très rapidement, le public a investi la place de l’Indépendance, venu nombreux découvrir les performances des artistes programmées. Aux platines, Dj Tourqui a assuré l’animation entre les différents passages, et a maintenu une ambiance festive tout au long de la soirée.
Une programmation qui suscite des débats
La programmation a réuni six chanteuses de la scène urbaine comorienne : Narice, Sonia, Salam, Djamila, Queen Zy et Norena. Accompagnées par des musiciens jouant en direct, elles ont proposé des prestations appréciées par un public conquis, qui reprenait leurs refrains et accompagnait les artistes durant leurs passages sur scène.
Pour Nasser Rachadi, alias Jetcn Balacier, manager au sein de Watwaniya Production et membre de l’organisation, ce choix répondait à une volonté de donner davantage de visibilité aux femmes dans l’industrie musicale comorienne. « Cette année, nous avons voulu mettre en avant les femmes, surtout celles de la musique urbaine », a-t-il expliqué. Il a souligné également le choix d’un concert entièrement live comme une autre particularité de cette édition. « Nous avons opté pour le live parce qu’il faut mettre en avant nos musiciens », a-t-il précisé.
Si la mise à l’honneur des artistes féminines a été largement appréciée, le choix d’exclure les artistes masculins de la scène a suscité quelques réactions dans le milieu musical. Présent parmi les spectateurs, l’artiste Youmka Lachnikov reconnaît l’importance de donner plus de place aux femmes, mais estime que la Fête de la musique doit rester un événement ouvert à tous. «Je comprends la volonté des organisateurs de mettre les femmes à l’honneur et c’est une bonne chose. Mais la Fête de la musique, c’est pour tous les artistes», a-t-il soutenu.
Même sentiment chez Karim Ibrahim, connu sous le nom de Rimkarim. Tout en saluant l’initiative, il a estimé que l’événement aurait pu adopter une approche plus inclusive. Selon lui, le ministère de la Culture devrait également s’impliquer davantage afin d’organiser plusieurs scènes permettant de rassembler l’ensemble des artistes. «Ce qui était un peu différent cette année, c’est que beaucoup d’artistes urbains étaient seulement dans le public. Habituellement, nous nous retrouvons tous pour partager cette soirée», a-t-il regretté.
Du côté des spectateurs, la satisfaction était au rendez-vous. Salmata Yasser, venue de Hankunu, ne cachait pas son enthousiasme, notamment pour voir son artiste préférée Queen Zy. «Je suis venue principalement pour elle. J’aime beaucoup ses chansons et je ne pouvais pas manquer cette occasion », a-t-elle confié.Au-delà de la musique, plusieurs participants ont également apprécié le climat de sécurité qui a marqué l’événement.
Mehdine Chakour, qui a vécu plusieurs années à Maore, a comparé l’ambiance à celle observée dans d’autres territoires. «Ici, je peux rentrer tranquillement après la soirée sans avoir peur», a-t-il témoigné. Après près de cinq heures de spectacle, la Fête de la musique 2026 s’est achevée vers 23 heures dans une atmosphère calme et conviviale. Aucun incident n’a été signalé.



