Katy Toave et Julie Aroubani de l’île de La Réunion, Janeth Mulapha du Mozambique, et Masego Moloto d’Afrique du Sud ont salué la «richesse» des expressions culturelles comoriennes. Elles souhaitent que le rendez-vous accorde, davantage, de la place aux échanges entre artistes
Pour la chorégraphe et danseuse mozambicaine, Janeth Mulapha, venue représenter le Kinani Festival du Mozambique, le Gombessa est devenu un rendez-vous culturel incontournable et y voit à travers cette initiative, un «formidable tremplin» pour la création locale : «d’un point de vue artistique, je pense que ce festival a vraiment sa place pour montrer les talents qui existent ici, estime-t-elle. L’artiste a, notamment, salué la qualité des prestations musicales et chorégraphiques qui témoignent selon elle, d’une «très belle vision artistique».
Un sentiment que partage la coordinatrice du projet Maloya Dann Kor de La Réunion. Julie Aroubani retient, pour sa part, en plus de l’ampleur que prend le festival, la manière dont les participantes ont pu exprimer leur personnalité sur la piste : «ça m’a beaucoup marqué de voir ces jeunes filles et femmes, généralement remplies de pudeur, avoir l’occasion d’exprimer leur force et leur caractère à travers la danse», a-t-elle apprécié.
En ce qui la concerne, la créatrice de la compagnie Maloya Dann Kor, Katy Toave, a voulu mesurer l’évolution du festival par rapport à la précédente édition : «c’est ma deuxième fois ici et je trouve intéressant de voir les changements intervenus. Il est clair que nos cultures sont proches», estime celle qui voit dans cette proximité une occasion de renforcer les liens entre les Comores et La Réunion.
Aller au-delà de la compétition
Pour elle, cette dynamique pourrait aller encore plus loin : «il y a beaucoup de similitudes entre nos cultures. Le fait de travailler ensemble permettra de mieux se connaître et de créer de nouvelles choses», a-t-elle avancé. Le même constat ressort du côté de la danseuse, enseignante et chorégraphe sud-africaine, Masego Moloto.
Représentant Itrotra Art X Connection, elle pense que le festival pourrait davantage miser sur les rencontres artistiques :
«je pense que les organisateurs doivent plutôt pencher vers le partage de la Culture dans toutes ses formes et non à un tournoi où chacun vient pour participer et chercher à gagner », propose-t-elle. Elle souhaite, en outre, que lors des prochaines éditions, les artistes étrangers puissent prendre part aux activités autrement qu’en simples spectateurs : «nous aimerions aussi participer, partager un peu de notre Culture et apprendre beaucoup plus de la Culture comorienne».
Pour ces invitées, la présence d’artistes venus de plusieurs territoires constitue déjà une base pour développer ces échanges.
Pour plus d’échanges
Leur souhait est de voir les prochaines éditions multiplier les rencontres, les collaborations et les moments de partage entre les participants.Ainsi, après avoir découvert les danses, les chants et les autres expressions présentées durant cette 9e édition, les invitées veulent-ils prolonger l’expérience. A les en croire, Gombessa a, déjà, les moyens de réunir les Cultures de l’Océan Indien. Il lui reste à faire de ces rencontres un véritable espace de création et de transmission.
Au total, on peut dire qu’après plusieurs jours passés à suivre les activités du Festival Gombessa, les quatre invitées étrangères repartent avec une meilleure connaissance des traditions comoriennes. Les danses traditionnelles et les kaswida ont particulièrement retenu leur attention. Mais au-delà de la découverte, leur séjour aux Comores leur a surtout donné envie de poursuivre les échanges avec les artistes comoriens.



