Cette figure connue de Badjanani est profondément attachée à la médina où il a joué. Que la zone compte autant de mosquées est pour lui une «bénédiction». Et les linteaux des lourdes portes sculptées souhaitent la bienvenue aux visiteurs : «Entrez et restez-y-en paix».
Nourdine Fidaly est profondément attaché au quartier de Badjanani, dans la médina de Moroni qui figure parmi les six médinas ayant reçu une reconnaissance universelle avec leur inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, à Busan, en Corée du Sud, en juillet dernier. «C’est ici que se trouve l’ancrage de la famille Fidaly», indique-t-il.
Avec Farida, son élégante femme au regard malicieux, il tient un magasin au rez-de-chaussée du foyer familial. La maison, construite par Amin Fidaly en 1974, a encore fière allure. Le père de ce commerçant a posé les pieds, la première fois aux Comores, il y a exactement un siècle.
Mosquées, portes sculptées, «bienvenu»
Le patriarche a tout d’abord vécu dans une maison séparée de l’ancrage des Fidaly par une ruelle pavée. «Quand j’étais gamin, je jouais ici. Avec les amis de mon âge, tout nus quelquefois. On allait faire des plongeons à Kalaweni. Après, ma mère est morte et je suis parti à Madagascar», se remémore l’octogénaire. Alors, l’inscription de la médina de Moroni à l’Unesco, pour lui, l’amoureux des vieilles pierres de Badjanani, a suscité une «certaine fierté», y voyant par ailleurs une «grande opportunité» pour le pays.
La médina de Moroni, vue par Nourdine Fidaly, ce sont aussi ses lieux de culte, dont le plus emblématique, la Mosquée de Vendredi dite «aswili». «Dans un espace de quelques mètres carrés, nous avons six mosquées, c’est extraordinaire», s’émerveille-t-il. Et de poursuivre : «Je ne sais pas s’il existe quelque chose de similaire dans une autre ville musulmane. C’est une bénédiction», s’est-il écrié. Dans les dédales de Badjanani, l’on peut encore croiser de magnifiques portes sculptées.
Des portes que l’on retrouve dans d’autres contrées du monde : au Gujarat, en Inde, d’où sont originaires les grands-parents de Nourdine Fidaly, mais aussi à Oman, à Lamu, au Kenya, ou encore à Zanzibar. «La particularité des portes de la médina de Ngazidja que je connais, ce sont les linteaux», ces pièces horizontales situées au-dessus des encadrements des portes qui portent des invocations en calligraphie arabe.
«Quand vous arrivez devant une maison, vous lisez sur la porte d’entrée: “Bismillah ar-Rahman ar-Rahim. Nous avons ouvert cette porte pour vous», explique-t-il.«Une fois que vous avez traversé la cour, vous arrivez dans la maison proprement dite. Vous tombez sur une autre inscription qui veut dire : “Entrez et restez-y-en paix». Et de conclure : «Il n’y a pas, pour moi, de termes plus éloquents pour vous dire : “Karibu, bienvenue, welcome, ahlan wa sahlan”.



