On a assisté à des rendez-vous mêlant spiritualité, chants, valorisation du patrimoine culturel et prestations artistiques très appréciées

 

Pour la troisième journée du Festival Gombessa, le lundi 7 septembre, la place Mtsembeyani a accueilli une soirée dédiée aux kaswida, une expression culturelle et religieuse mêlant chants en arabe et prestations collectives. Cinq formations venues de Nyumadzaha et Mde ya Bambao, de Moroni Irungudjani, de Mwandzaza Mbwani et Ikoni, se sont succédé devant le public dans une ambiance marquée par la spiritualité et vouée à la transmission.


A travers leurs chants et leurs prestations, les différentes troupes ont mis en avant une pratique qui occupe une place particulière dans le patrimoine culturel comorien. La soirée a également permis aux spectateurs de redécouvrir la richesse de cette tradition et les valeurs qu’elle véhicule.

Le membre de la troupe de Moroni Irungudjani et un de ses principaux chanteurs, Soilah Yada Mzé s’est, particulièrement, «réjoui» de voir la kaswida trouver sa place dans une manifestation consacrée à la valorisation de la culture comorienne : «c’est avant tout une passion pour moi. Cela me rend heureux de pouvoir pratiquer la kaswida dans un festival comme Gombessa qui donne une place importante à notre culture et permet de faire connaître nos traditions». 

«Plus que de l’art»

Ma conviction profonde c’est qu’il s’agit d’une pratique qui porte des valeurs importantes, notamment la spiritualité, le partage et la transmission. Il est important que les jeunes puissent la découvrir, l’apprendre et continuer à la faire vivre».  Pour lui, la kaswida dépasse le «simple» cadre artistique. De son côté, Mohamed Razak, qui a fait le déplacement depuis la localité de Ndruani pour assister à la soirée, n’a pas caché son enthousiasme.

 Amateur de ces chants, il dit avoir particulièrement apprécié les prestations : «j’adore écouter ces chants. C’est quelque chose de pur et, ce soir, ils ont vraiment bien presté, mash’Allah. Je suis content d’avoir fait le déplacement pour vivre cette soirée», a-t-il témoigné. Pour sa part, Nantenaina Rassoulou a surtout retenu la qualité des voix et l’ambiance sonore de la soirée.

 Elle explique avoir été «éblouie» par la pureté des chants, mais également par les sonorités des tambours qui accompagnaient les prestations : «Elles apportent quelque chose de particulier aux chants», constate-t-elle. Et d’ajouter : «les voix étaient à la fois douces et puissantes. C’est vraiment une belle manière de découvrir et d’apprécier le patrimoine culturel comorien», a-t-elle confié.


Le lendemain, mardi 8 septembre, le festival a changé de registre avec la scène libre organisée à la plage de Kwabe. Ici, pas de compétition ni de classement. La soirée était ouverte aux différentes formes d’expression artistiques, dans une ambiance conviviale. Musique, danse, comédie et autres prestations se sont succédé sur la scène, offrant aux participants un espace où chacun pouvait laisser libre cours à sa créativité.

Sans pression aucune

Contrairement aux compétitions, chacun pouvait proposer son univers avec le public. Une formule qui a permis à plusieurs artistes et participants de s’exprimer librement, sans pression. Autour de la scène, différents profils se sont succédé, prolongeant l’animation du festival dans une atmosphère conviviale et offrant, également, aux talents locaux un espace pour se produire devant le public et faire découvrir différentes facettes de la création artistique comorienne.


Ainsi, après quatre journées d’activités, le Festival Gombessa poursuit son chemin vers la clôture prévue samedi 12 septembre. De la kaswida à la scène libre, en passant par les compétitions sportives et les danses traditionnelles, le festival continue de faire de la Culture et de la performance un espace de rencontre, de transmission et d’expression pour les différentes générations et délégations présentes à Ikoni.