Au programme : danses traditionnelles, visite, conférence-débat et campagne de mobilisation autour du patrimoine national
Le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), les Jeunes du patrimoine des Comores (Jpc) et les Gardiens du patrimoine culturel de Domoni se sont joints au Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) pour célébrer la Journée du patrimoine africain. L’évènement qui a eu lieu au Palais Ujumbe de Mtsamdu a, également, eu valeur de “soutien à la candidature des Médinas historiques des Comores” à l’Unesco.
Après des discussions et des présentations, les invités ont assisté à une prestation de gabusi, une danse traditionnelle et la journée a été clôturée par une porte ouverte du palais. A cette occasion, le coordinateur du Cpc et directeur du Cndrs à Ndzuani, Musbah Ben Ahmed, s’est étendu sur l’importance de valoriser le patrimoine comorien: “Nous sommes là pour célébrer la Journée du patrimoine africain. C’est une journée dédiée à la valorisation de notre patrimoine. Nous avons décidé de saisir cette occasion parce que nous sommes africains, nous avons un patrimoine riche et nous attendons avec beaucoup d’espoir la nomination de nos médinas à l’Unesco”.
“Opportunités, défis”
Pour lui, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour le pays: “Ce rassemblement des associations montre l’amour et la fierté que nous avons pour nos monuments qui nous sont précieux et qui doivent être protégés et valorisés”, a-t-il soutenu.
A propos du programme de la célébration, on a eu droit, notamment, à une prestation de la célèbre danse traditionnelle, le gabusi comorien, qui fait partie de la liste du patrimoine national et à une conférence intitulée “Patrimoine et développement”, un thème proposé par l’Unesco pour cette journée. “Cela s’inscrit dans la dynamique de l’Etat qui veut faire du patrimoine un levier de développement des îles. Il existe d’ailleurs un programme à l’horizon 2030 qui met l’accent sur la société, l’environnement, l’économie et surtout la paix”, a précisé le responsable.
Evoquant le dossier de l’inscription des “médinas historiques” à l’Unesco, le directeur du Cndrs a évoqué les opportunités par rapport au tourisme, en cas de nomination, mais aussi les défis qui incombent à toutes et à tous : “L’inscription attirera sans doute des visiteurs. Il faudra, donc, veiller à une bonne gestion des biens collectifs afin d’éviter le surtourisme. Au niveau national, un plan de gestion existe et nous espérons qu’il sera bien appliqué. Le tourisme durable est essentiel pour préserver ce site sériel composé de six villes traditionnelles, anciennes capitales des Comores. Nous avons des défis importants à relever, notamment assurer la pérennité de nos sites et monuments”, devait-il insister.
Pour sa part, la présidente du Cpc a mis en avant l’importance de la nomination prévu en juillet: “Les six médinas des Sultanats historiques des Comores seront présentées au Comité du patrimoine mondial de l’Unesco en Corée pour une inscription officielle. Pour soutenir cette candidature et sensibiliser la population, notamment les jeunes et les femmes, le Cpc s’associe à l’Unesco pour célébrer cette journée du patrimoine mondial africain. Cette manifestation vise à valoriser nos richesses culturelles, bâties et naturelles, véritables sources de fierté, de cohésion sociale et de développement local”.
Une “liste prestigieuse”
Fatima Boyer a tenu, en outre, à insister sur les enjeux de reconnaissance internationale: “Alors que l’Afrique compte encore peu de sites classés, l’inscription des médinas comoriennes permettrait au pays de rayonner à l’international et d’intégrer cette liste prestigieuse. L’engagement de tous est indispensable pour soutenir ce projet. C’est aussi une manière de mieux faire connaître notre patrimoine et de préserver notre Culture pour les générations futures”.Il faut savoir, par ailleurs, que cette année 2026 marque également les vingt-ans d’existence du Collectif du patrimoine des Comores (Cpc).

