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Layina Ansaly / Et d’un crépitement de flash…

Layina Ansaly / Et d’un crépitement de flash…

Culture | -   Maoulida Mbaé

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Découverte à travers ses prises de vues dans les mariages, Layina Ansaly Soiffa s’impose aujourd’hui à Moroni comme une photographe confirmée. La jeune femme de vingt-deux ans, qui poursuit des études en Administration économique et sociale (Aes) à Poitiers, en France, n’a pourtant reçu aucune formation en la matière. Elle ne s’est lancée dans cette activité que depuis février 2018. Le 8 mars 2018, journée mondiale de la femme, elle a ouvert, symboliquement, son propre studio : Layart and Co. Depuis, ça n’arrête pas.

 

Difficile de détacher Layina Ansaly de l’étiquette de «photographe de mariage». Il faut dire que c’est dans ce costume-là qu’elle s’est faite connaitre. De bouche à oreille par l’entremise, entre autres, de sa mère, Roukiat Abdou Bacar, qui ne se privait pas de faire valoir, dans les mashuhuli, le géni de sa fille. Tout a commencé avec un mariage, pas tout à fait comme les autres : celui de sa cousine. «J’ai fait des photos, juste, pour m’amuser, et elles ont beaucoup plu», raconte-t-elle. Depuis, la jeune femme de 22 ans a couvert pas moins de sept mariages aux Comores, dont celui de la fille du célèbre chanteur comorien qu’on ne présente plus, Adina et qui l’a véritablement lancée. «Depuis, les gens ont commencé à faire appel à mes services», confie-t-elle.


Layina Ansaly n’est pas du genre, selon ses mots, à faire poser les gens : «J’aime saisir l’instant présent, restituer les émotions». Et «vu que je suis une femme, les bibiharusi ont plus confiance, elles ont tendance à se lâcher». C’est à elle, donc, de se faire la plus discrète possible, et de pointer son objectif au bon moment. C’est d’ailleurs, assure-t-elle, le fait qu’elle ne soit pas toujours derrière eux à les guider que les gens apprécient. Si elle affirme «vivre pleinement» son activité dans les mariages, Layina Ansaly refuse d’être, pour autant, cataloguée «photographe de mariage». «Je n’ai pas d’univers spécifique, je fais un peu de tout», corrige-t-elle.

Socialisée à aimer

Des photos paysages au shooting mode, avec une certaine attirance pour le noir et blanc. Un penchant qu’on lui reproche souvent mais «c’est mon style à moi, j’aime bien tout ce qui est sombre». C’est ainsi qu’elle avoue être  particulièrement «fascinée» par les couchers de soleil. «Tous sont différents, il n’y en a jamais deux de pareil».
Le rendu de ses photos est saisissant pour une photographe qui ne se considère comme telle que depuis février dernier, au moment où elle s’est pourvue d’un kit studio : lumières, fonds couleurs, etc. Elle est, du même coup, passée du mode automatique au mode manuel. «J’effectue les réglages moi-même, je décide de ce que je veux», avance-t-elle assurant ne pas recourir aux logiciels de retouches.


Layina Ansaly n’a suivi aucune formation en la matière. Elle a hérité cette passion pour la photographie de son père, Ansaly Soiffa. «J’ai été socialisée à aimer la photographie», dit-elle évoquant les souvenirs de son père immortalisant, sur un clic, leurs grands moments en famille. Son premier appareil photo remonte à ses onze ans. Cette passion, elle l’a découverte au pays, mais ce n’est qu’en France, où elle poursuit actuellement des études en Administration économique et sociale (Aes), qu’elle l’a développée. La faute à son pays où l’intérêt est beaucoup plus porté sur les matières «générales» au détriment de tout ce qui est art. «C’est vraiment dommage car j’ai pu rencontrer des jeunes qui excellent dans la photographie, les tags ou les dessins, et que, malheureusement, on ne soutient pas», regrette-t-elle.


La jeune femme vient de lancer, le 8 mars dernier, son futur studio : Layart and Co. «C’était la journée mondiale de la femme, et je voulais absolument marquer le coup», dit-elle reconnaissant les difficultés pour une femme d’exercer la profession aux Comores. Elle a, ainsi voulu, symboliquement, encourager les femmes qui, comme elle-même, ont la volonté d’entreprendre, quel que soit leur domaine d’activité. Layina Ansaly n’est que de passage aux Comores, le temps des vacances. Mais, elle compte revenir pour s’y installer «dans deux ou trois ans, après mes études», pour assurer le suivi de son projet. Elle prévoit, lors de son prochain séjour, une exposition photo sur les métiers artisanaux. On ne peut que lui souhaiter un bon retour !

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