Il s’agissait de rendre hommage à la mémoire de cet érudit et éducateur, dont l’œuvre pédagogique et spirituelle continue de marquer la société

 

Dans le cadre de son cycle de conférences du mois de ramadhwani, dit “Les Mercredis du Cndrs”, le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs) a consacré, le mercredi 11 mars, sa troisième rencontre scientifique, culturelle et religieuse à la figure de l’éminent érudit et éducateur comorien, Cheikh Hamadi Islam.


Né en 1930 à Mitsudje, dans la région de Hambuu, Cheikh Hamadi Islam a marqué plusieurs générations par son engagement dans l’enseignement et la transmission du savoir religieux. Décédé en 2010, il laisse derrière lui l’image d’un homme de foi, de savoir et de dévouement au service de sa communauté.

 A travers les témoignages et les interventions des conférenciers, le public a pu retracer les grandes étapes de sa vie. Son enfance, son parcours d’apprentissage, ses activités professionnelles et son apport à la société comorienne, notamment à travers ses œuvres sociales et sa société de bienfaisance.

“Vocation religieuse précoce”

Selon le conférencier Cheikh Abdoul’Anly, la vocation religieuse de Cheikh Hamadi Islam se serait manifestée très tôt : “Depuis son enfance, Cheikh Hamadi Islam a grandi dans un environnement profondément marqué par la religion musulmane. Très jeune, son père l’a envoyé à Singani (une autre localité du Hambuu, Ndlr), au madrasa de Cheikh Abdou Soilih, afin d’y approfondir son apprentissage religieux”, a-t-il souligné. 


Homme aux multiples facettes, Cheikh Hamadi Islam était également reconnu pour ses compétences en calligraphe arabe. Parallèlement à l’enseignement religieux, il exerçait plusieurs activités, notamment le commerce, la couture et l’élevage. Son approche éducative dépassait le cadre strict de l’école. Chaque jeudi, il avait institué l’habitude d’emmener ses élèves dans les champs pour leur enseigner l’agriculture, en particulier la culture de la vanille, de la banane et l’élevage : “L’aide que nous lui apportions aux champs était une manière de le rémunérer, mais c’était aussi une occasion d’apprendre.

 Il enseignait au collège, à la mosquée et même à son domicile. Cheikh Hamadi Islam a consacré une grande partie de sa vie à apprendre et à transmettre le savoir”, a témoigné Cheikh Abdoul’Anly. Parmi ses réalisations majeures figure la création d’une école coranique à Mitsudje, qui a contribué à former et continue de former de nombreuses générations d’enfants. Pour beaucoup d’habitants de la ville, il demeure l’un des principaux artisans de l’éducation religieuse locale.


Parallèlement, il a occupé des fonctions importantes, notamment celles d’imam principal de la mosquée de Mitsudje et de Nayibu L’kadhuwi, “autant de responsabilités qui témoignaient de la confiance et de la sagesse qu’on lui reconnaissait”, a affirmé le conférencier, Dr Toihire Ibrahim.

Pour des conférences du genre toute l’année

Présent à cette conférence, le président de la République a salué l’initiative du Cndrs et mis l’accent sur l’”importance” de ce cycle de rencontres : “Je remercie le Cndrs et les éminents conférenciers pour cet événement. Je souhaite que ces conférences soient organisées tout au long de l’année et non uniquement pendant le mois de ramadhwani. Les thèmes abordés sont essentiels pour notre société et méritent d’être discutés en permanence”, devait soutenir Azali Assoumani.


Le chef de l’Etat a également appelé à une “réflexion plus large sur la structuration” de l’enseignement religieux aux Comores et sur la “nécessité de préserver la mémoire” des grandes figures intellectuelles et spirituelles des Comores et a invité le directeur du Cndrs et le président de l’Université des Comores à “encourager” la recherche et la documentation autour de personnalités telles que Cheikh Hamadi Islam.


Par ailleurs, il a rappelé l’«ampleur de l’engagement de ce grand érudit, qui consacrait sa journée à l’enseignement, parfois jusqu’à cinq séances quotidiennes», illustrant, ainsi, une vie entièrement dédiée à la transmission du savoir et à l’élévation spirituelle de la société comorienne.