Ce samedi 1er juin, l’Alliance française de Mtsamdu à Ndzuani a vibré au rythme de «Beatred», ce concept musical original de Cheikh Mc. Prévu initialement pour le 18 mai, l’événement a offert au public une fusion de rap hip-hop et de musique traditionnelle servie, aux côtés du rappeur, par de talentueux musiciens de renom, dont Soubi.
Le concert s’est joué devant moins de cinquante personnes, et des problèmes techniques étaient survenus régulièrement.
«Beatred», né de l’imagination créative de Cheikh Mc, se distingue par sa capacité à marier le moderne et l’ancien. Une rencontre entre le rap, le Hip-hop et des sonorités authentiques de la musique traditionnelle comorienne. Selon le célèbre rappeur, les tournées aideraient à créer et être en résidence permanente au studio, sortir jouer et recueillir des ressentis et des retours permet d’améliorer leur art. Il s’agit de tester les créations au pays avant de penser à les exporter : «Beatred, c’est un mélange unique que je puise toujours à la source.
Je veux vraiment créer un rap comorien, distinct de tout ce qui existe ailleurs. En collaborant avec des artistes du monde traditionnel, nous faisons une fusion qui donne naissance à une nouvelle musique, mélangeant mgodro, rap et RnB», précise-t-il.
Entente «parfaite»
Le choix de Soubi dans ce projet innovateur viendrait de ce que «toutes ces couleurs et univers mélangés ne sont pas censés se rencontrer normalement et qu’avec Soubi, malgré nos deux générations différentes, on s’entend très bien et ce que nous créons ensemble est puissant. C’est cela que je veux vendre au monde aujourd’hui. J’ai choisi le mgodro traditionnel, et le meilleur artiste pour cela c’est Soubi. J’aurais pu choisir des artistes de musique orientale comme le twarab, mais c’est très proche de ce que font nos voisins», a-t-il argumenté.
Cheikh Mc n’était pas seul sur scène. Il était accompagné d’une palette de musiciens parmi lesquels de jeunes artistes, tels que Daniel aux percussions, Ikito à la guitare, et Faraz, le beatmaker, en arrière-plan. Sans compter le musicien, chanteur et compositeur, Athoumane Soubira alias Soubi, rendu célèbre par sa voix et ses «emblématiques sons de «dzendze» et de gabusi».
Pour l’artiste de 53 ans, la musique est une forme d’éducation. «Nous n’avons pas le même style de musique avec les jeunes, chacun a sa manière de chanter, ses feeling. Nous nous sommes mis d’accord pour mélanger les deux styles pour n’en faire qu’une, bien pour que notre musique doit perdurer», avance-t-il. La collaboration actuelle date d’il y a, à peine, une semaine.
Pour Soubi, à Ndzuani et à Mwali, on a une compréhension différente de la valeur de la musique. Il appelle la «nouvelle génération» à prendre conscience du fait que musique peut-être également une source de richesse et qu’il faut en prendre soin. «A Mwali et Ndzuani, on a négligé la musique, contrairement aux artistes de Ngazidja.
Pour nous, la musique est un loisir pendant que pour les autres, c’est un travail qui permet de vivre avec», a paru se désoler, quelque part, cette virtuose du Ndzendze.