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Narice, la «dame de cœur» d’Interface Prod

Narice, la «dame de cœur» d’Interface Prod

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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Narice. Retenez bien ce nom. Voilà peut-être la prochaine grande figure comorienne de l’afro-pop. Il n’aura fallu que d’un seul son à la toute nouvelle recrue du label Interface Prod pour mettre tout le monde d’accord. Hata ho dahoni, un remix en comorien de Jusqu’à la gare de l’artiste camerounaise, Daphne. Au tout premier son le label Interface Prod n’a pas hésité à la recruter. Il avait raison.

 

Mis en ligne la nuit du dimanche 28 octobre sur la page Facebook de la chaine comorienne (Lcc), Hata ho dahoni de la comoro-malgache, Narice, comptait, en à peine vingt-quatre heures, plus de vingt cinq mille vues et environ huit cent partages. Un véritable buzz. La voix, la rythmique, le style… tout y est. L’on ne s’en lasse pas. La prouesse de cette jeune artiste de 20 ans est sans doute d’avoir réussi à apporter au son un côté traditionnel. Ce n’est pas Jusqu’à la gare (de l’artiste camerounaise, Daphne) qu’elle convolera avec son amoureux, mais jusqu’à la demeure nuptiale. «Mana hunandza rende hata ho dahoni. Ndami nawe hata ho dahoni. Eka ngamhuniko omhono rende hata ho dahoni. Ndami nawe hata ho dahoni», un refrain qui n’est pas sans rappeler la cérémonie du grand mariage comorien dite Mtriyo dahoni. Dites vous bien que ce n’est pas qu’une simple reprise. Entre l’afro-pop et le pop-comorien, la frontière est vite franchie.

«On l’avait pressenti»

Narcia Rolline, de son vrai nom, est une passionnée, «depuis toute petite», de musique. Elle a commencé à chanter, de façon toute banale, «du rap avec des amis de l’école», dans un groupe composé de «4 éclairs» (ce nom en hommage à leur établissement, L’Eclairage). «Un jour on s’est mis dans la tête d’aller enregistrer un son pour voir ce que cela allait donner», et c’est là que tout a commencé.
C’était en 2014, année où remonte la première rencontre entre l’artiste et Aboubacar Saidali Tourqui, ou Ast tout simplement, manager du label Interface Prod. «Déjà à l’époque on avait pressenti qu’elle avait un talent en tant que rappeuse», se rappelle le compositeur. Les deux artistes ne se sont plus revus jusqu’en mai 2018 quand Narice est venu enregistrer, en solo cette fois-ci, et dans une toute autre registre, des reprises de Daphne et Aya Nakamura. Une seconde chance qu’Ast n’a pas laissé passer : «Dès que j’ai entendu ces deux sons, j’ai décidé qu’on allait la recruter».Narice devient ainsi la voix féminine de ce label composé de dix artistes. Elle se distingue du fait qu’elle est la seule artiste du label à être dans les registres rnb, pop-soul et afrobeat. Un grand plus. Le 12 août restera à jamais gravé dans la mémoire de la chanteuse. «Je me suis toujours imaginé en train de chanter sur scène, dans un grand concert. Mais cela me semblait être dans le domaine du rêve. Rêve qu’Interface Prod m’a permis de réaliser», fait-elle  allusion à son premier concert sur la plage Itsandra. Cette nuit-là elle avait déjà, avec sa reprise de Daphne, réussi à charmer les esprits à tel point que «le public qui l’a découvert au concert nous demandait tous les jours ses sons», raconte Ast.

Confirmer

Un projet de cliper le son a, alors, été envisagé mais abandonné, le label ne voulant finalement pas que son premier clip soit une reprise. A la place, Interface Prod proposera cette vidéo tournée sur fond vert, destiné à faire patienter le public en attendant la sortie du prochain son de l’artiste dans la mixtape collective du label prévue le 23 novembre. «Franchement on ne s’attendait pas à autant de partages et surtout au fait qu’elle fasse quasiment l’unanimité», se montre étonné l’Interprète de Raison et folie. Narice, elle, s’y attendait un tout petit peu. «Quand je me mettais à fredonner la chanson, mes amis me demandaient d’aller l’enregistrer car il allait sûrement cartonner», confie-t-elle. Elle peut les remercier car ils avaient vu juste.
Reste maintenant à confirmer.

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