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Ouverture officielle du Facc : «Valoriser l’image des Comores, s’ancrer culturellement»

Ouverture officielle du Facc : «Valoriser l’image des Comores, s’ancrer culturellement»

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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De l’avis du directeur artistique de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), Simon Njami, «Il y a une urgence pour nous tous de nous connaître nous-mêmes». Il a appelé à mettre un peu d’ordre dans la maison Afrique et à capitaliser sur la jeunesse. Selon lui, «c’est un message que rien ne peut mieux faire passer que la Culture et la création artistique».

 

«Soyons fous !» Un spectacle de la compagnie Tché-za pour lancer officiellement hier, jeudi 18 octobre au palais du peuple, cette quatrième édition du Festival des arts contemporains des Comores (Facc), en présence du chef de l’État, Azali Assoumani. Ce spectacle de danses contemporaines avec des figures hip-hop, présenté pour la première fois en 2015, exprime, sur fond de schizophrénie, une révolte contre les difficultés quotidiennes. «Il faut être fous pour que ça change», dira le directeur artistique de Tché-za, Salim Mze Hamadi alias Seush. «Une folie positive», cela dit en ceci qu’elle tend à «briser les limites sociales». Ces limites – les mentalités – qui constitueraient des barrières au changement. Un appel à se surpasser, donc. Cette thématique, à en croire Seush, colle parfaitement avec la quête identitaire – «Hudjidjuwa» (savoir qui on est) – voulue par le Facc. «Il faut d’abord se rendre compte que quelque chose ne va pas, avant de pouvoir changer. C’est une sorte de remise en question, un questionnement sur soi», explique-t-il.

 


Le directeur artistique de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), Simon Njami, n’en dira pas moins. «Il y a une urgence pour nous tous de nous connaître nous-mêmes», a-t-il dit en substance appelant à mettre un peu d’ordre à la maison (le continent noir, Ndlr) et à capitaliser sur la jeunesse. «Il me semble que c’est un message que rien ne peut mieux faire passer que la Culture, la création artistique», avance-t-il. Mais rien ne peut se faire sans un effort collectif car «nous avons tous notre contribution à apporter pour développer notre pays, notre continent, notre planète». Le nœud du problème repose, à l’en croire, sur la «question en soi du nous : Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Où allons-nous ?». Et, poursuit-il, «je crois que ce festival peut contribuer à répondre à cette question essentielle».

Un honneur

«Tsihoro ipandeshantsi ikawo yeze ntsihu buruda», a chanté l’artiste comorienne Nawal avant d’interpréter un daïra repris par le public présent au palais du peuple. Des prestations qui ont charmé le directeur de cabinet du ministère de la Culture du Sénégal, lequel a appelé à un standing ovation en hommage aux artistes. «Sans artistes, point de Culture. Sans la création artistique, le monde ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui», lance Lamine Sarr. Ce dernier a réitéré l’honneur de son pays de parrainer cette quatrième édition du Festival des arts contemporains des Comores. «Entre le Sénégal et l’Union des Comores, c’est une histoire d’amitié et de fraternité féconde».

 

Puis, il a cité les relations diplomatiques, la formation universitaire ainsi que les échanges culturels. Lamine Sarr a annoncé, en guise de reconnaissance, l’invitation du ministre de la Culture comorienne à la cérémonie d’ouverture officielle, le 6 décembre prochain, du musée des civilisations noires à Dakar, et offert au président de l’Union, au nom de son ministre de la Culture, un tableau du créateur sénégalais Daoud Ndiaye.«Je voudrais saluer cette initiative louable», lance le président Azali. Ce festival, dit-il, «traduit en actes notre volonté de promouvoir et d’appuyer, autant que possible, les initiatives de redynamisation de la Culture et des arts dans notre pays».

Faire découvrir les talents comoriens

Le chef de l’État a fait part – en plus des ratifications de la Convention internationale pour la protection des expressions de la diversité culturelle et la Convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel – de son inattention «d’accentuer encore davantage ce rôle de l’État en matière de Culture». Il voit en ce festival, l’occasion de faire découvrir, à travers la région et le monde, les talents comoriens dans ce domaine. «L’art authentiquement comorien devra donc être, pour nos jeunes, le moyen de valoriser en eux, l’image des Comores, de s’ancrer culturellement, de s’aimer soi-même, de se découvrir au milieu d’une mondialisation tentaculaire», souligne-t-il avant d’annoncer l’ouverture officielle du festival et d’assister au vernissage de l’exposition internationale du Facc.Trois trophées doivent être remis dans ce festival. Hier jeudi, à l’occasion de cette cérémonie d’ouverture, l’on assisté à la remise du Simbo Jeunesse à Ahamadi Ousseni Djadid et Souffou Chafiou, des jeunes mahorais auteurs d’un graffiti sur les cinq continents.

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