Au-delà du symbole, cette inscription constitue une reconnaissance et une avancée stratégique pour le savoir-faire des Iles de la Lune
L’Union des Comores vient de franchir une étape majeure dans la valorisation de son patrimoine culturel immatériel. Quatre festivals de danses traditionnelles comoriennes ont été, officiellement, inscrits sur la liste mondiale des festivals du Conseil international des organisations de festivals de folklore, CioffI International), partenaire officiel de l’Unesco accrédité auprès du Comité du patrimoine culturel immatériel.
Portées par les tambours, la lune et les voix des anciens, les danses traditionnelles des Iles de la Lune accèdent, ainsi et plus encore, à une reconnaissance internationale. Il s’agit du Festival Mgamidji de Mbeni, du Festival de la Lune de Mitsamihuli, du Tsidje Festival de Dzahani la Tsidje et du Festival Djumbe Fatima de Fomboni. Cette reconnaissance internationale consacre, plus encore, la richesse, l’authenticité et la vitalité des expressions culturelles du pays, fondées sur des pratiques ancestrales de danse, de musique, de transmission orale et de cohésion communautaire.
Aboutissement heureux d’un long travail
Au-delà du symbole, cette inscription constitue une avancée stratégique pour le patrimoine culturel national. Elle contribue à la sauvegarde et à la transmission des danses traditionnelles aux jeunes générations, à la structuration et à la professionnalisation des festivals, mais aussi au rayonnement international de l’identité culturelle comorienne, renforçant ainsi la diplomatie culturelle et le tourisme culturel.
«Cette reconnaissance n’est pas une fin en soi, mais le fruit d’un long travail porté par les communautés locales et les acteurs culturels souvent tapis dans l’ombre», a souligné le représentant des Comores auprès du Cioff International, Bousri Ben Saïd Ahmed. «Elle confirme que notre patrimoine a une valeur universelle et qu’il mérite d’être protégé et promu au plus haut niveau», ajoute-t-il. Cette dynamique est, largement, portée par l’association Mbeni Ngoma, fondée en 2011 et organisatrice du Festival Mgamidji depuis 2012.
Son affiliation au Cioff International en 2015 avait marqué un tournant décisif dans la promotion de la culture comorienne sur les scènes internationales. Pour son fondateur, Bousri Ben Saïd Ahmed, le «Festival panafricain d’Alger de 2009 aura été un véritable déclic : «il m’a permis de comprendre que la culture comorienne pouvait dialoguer d’égal à égal avec les autres cultures du monde, à condition d’être structurée et portée par une vision claire».
Fierté nationale et responsabilité accrue
Aujourd’hui, Mbeni, Mitsamihuli, Dzahani la Tsidje et Fomboni s’imposent comme de véritables pôles culturels, devenant des ambassadrices de la diversité culturelle comorienne à l’échelle mondiale. «Cette reconnaissance est une fierté nationale, mais aussi une responsabilité accrue. Elle nous oblige à aller plus loin, à mieux structurer le secteur culturel et à préparer l’avenir avec méthode et rigueur», a rappelé ce promoteur culturel.
Plus que jamais, la culture apparaît comme un levier de cohésion nationale, de diplomatie culturelle et de développement durable.
En inscrivant durablement les Comores dans le paysage culturel mondial, cette reconnaissance ouvre une nouvelle ère pour la valorisation et la transmission du patrimoine immatériel comorien, au service des générations futures. «Lors du concours national de danses traditionnelles à Mwali, le président de la République a affirmé sa volonté d’inscrire les danses traditionnelles comoriennes sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.
Conformément à la convention de 2003, le chef de l’Etat a adressé un message fort, clair et engageant à l’ensemble de la Nation. Ce message ne doit pas rester un simple symbole. Il doit être compris et assumé comme un véritable devoir civique et culturel, appelant à une mobilisation immédiate, structurée et responsable des autorités administratives, des institutions culturelles, des associations, ainsi que des experts et des acteurs de terrain», martèle Bousri Ben Saïd Ahmed.

