Au cœur la ville séculaire, la ministre française de la Francophonie a pu mesurer la portée patrimoniale et mémorielle de la capitale

 

En visite aux Comores dans le cadre du 40è Conseil des ministres de la Commission de l’Océan indien (Coi), la ministre déléguée à la Francophonie et aux Partenariats internationaux, Éléonore Caroit, s’est rendue, dimanche 7 juin, dans la médina de Moroni qui fait partie des six médinas que les Comores vont inscrire, officiellement, au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet prochain.


Après une brève cérémonie d’accueil, la délégation a entamé son parcours par la Mosquée du vendredi de Badjanani avant d’emprunter les ruelles de la vieille ville à la découverte des portes anciennes sculptées, de la zawiya de Maârouf, ainsi que de la place publique d’Irugudjani et de ses portiques historiques.


“Les médinas des Sultanats historiques représentent bien plus qu’un ensemble architectural : elles constituent un patrimoine vivant, porteur d’identité, de mémoire et de développement durable. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial en juillet 2026 à Busan est le résultat d’une coopération historique exemplaire entre le Cndrs et le Scac, dans le cadre de son assistance technique et financière.

 Nous vous remercions de votre présence qui témoigne de l’importance accordée à la préservation des médinas des Sultanats historiques des Comores, d’une valeur patrimoniale exceptionnelle, et ouvre de nouvelles perspectives de coopération entre les Comores et la France”, a déclaré, à l’occasion, le directeur général du Centre national de documentation et de recherche scientifique.

 Toiwilou Mze Hamadi a replacé, dans son contexte historique, la médina de Moroni dont la fondation remonterait au XIVè siècle : “Grâce au commerce maritime, Moroni a rapidement acquis une fonction économique majeure dans les réseaux de l’Océan indien. Le port à boutres (kalaweni) et plusieurs petits ports de pêche traditionnelle (hiko) demeurent aujourd’hui encore en activité, témoignant de la continuité des usages littoraux”.


Enfin, il a rappelé que les Médinas faisaient, actuellement, face à plusieurs défis majeurs tels que la dégradation progressive des bâtiments historiques, la disparition de certains savoir-faire traditionnels, la forte pression urbaine, les transformations non maîtrisées, le besoin de renforcer les compétences locales en conservation et restauration. Des enjeux qui nécessitent une approche intégrée associant recherche scientifique, formation, participation communautaire et coopération internationale.


Pour sa part le ministre de l’Intérieur a soutenu que la visite de l’autorité française témoignait des “relations d’amitié et de coopération qui unissent la République française et l’Union des Comores au sein de l’espace francophone”. “La médina de Moroni, héritière d’une histoire et d’un patrimoine culturel exceptionnels, constitue un symbole vivant de notre identité et de notre mémoire.

Votre présence représente, pour notre commune, un encouragement précieux dans les efforts engagés pour la valorisation de ce patrimoine”, a indiqué Mohamed Ahmed Assoumani.  “Merci pour l’accueil. Il était important également de voir concrètement comment se traduisent nos relations bilatérales”, a conclu la ministre française, avant de remercier les guides “pour la qualité” des explications fournies sur l’histoire des lieux visités.