Véritable savoir-faire transmis de génération en génération, ce couvre-chef incarne l’élégance et la créativité comoriennes

 

Après cinq jours d’intenses travaux, l’atelier de renforcement pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et de la préparation des candidatures aux listes de la convention 2003, a pris fin à l’hôtel le Retaj à Moroni, le 13 février dernier. Organisée par le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), avec l’appui de l’Unesco et le soutien financier du gouvernement du Japon, la formation a réuni experts, cadres institutionnels et représentants des communautés détentrices. Au cœur des échanges, la préparation du dossier de candidature du Kofia, ce couvre-chef brodé emblématique, porteur d’une forte charge identitaire, historique et symbolique pour les Comores. Véritable savoir-faire transmis de génération en génération, le Kofia incarne l’élégance et la créativité artisanale comoriennes.

Un engagement collectif

A l’occasion, le directeur général du Cndrs s’est étendu sur la portée «stratégique» de la démarche. Selon lui, l’atelier n’a pas seulement renforcé les compétences techniques des acteurs nationaux, mais a, également, consolidé une vision commune de faire du Kofia un symbole vivant de l’identité et du génie créatif comorien. Dr Toiwilou Mze Hamadi, a insisté sur le fait que la sauvegarde du Kofia ne se limitait pas à la soumission d’un dossier, mais relevait d’un engagement durable envers les communautés détentrices et les générations futures : «Le Cndrs entend ainsi poursuivre la mobilisation des experts nationaux, des ministères concernés et des partenaires techniques afin de renforcer le dossier et garantir une transmission effective de ce savoir-faire», a-t-il assuré.


Cet atelier s’inscrit dans un programme visant à accompagner les pays africains ne disposant pas encore d’éléments inscrits sur les listes de la Convention de 2003. Son objectif spécifique est de consolider les capacités techniques, institutionnelles et communautaires afin de structurer des dispositifs durables de sauvegarde, fondés sur l’identification, la documentation et la valorisation des expressions culturelles vivantes.
 A la clôture des travaux, la représentante de l’Unesco pour l’Afrique de l’Est, Gao Min, a salué la mobilisation des participants et l’engagement de l’équipe organisatrice. Elle a remercié les experts pour le temps consacré à cette formation, ainsi que le formateur, Léonce Ki, sollicité en urgence malgré un agenda chargé.Elle a également félicité l’équipe du Cndrs pour l’organisation de l’atelier «dans des délais contraints».

Une vision pour le patrimoine vivant

Le formateur, Léonce Ki, a, pour sa part, rappelé que ce travail marque «le début d’un processus exigeant». Se définissant comme facilitateur plutôt qu’expert, il a encouragé les participants à s’approprier la Convention de 2003, à en maîtriser les outils et à envisager, à terme, d’autres candidatures. «Ce n’est pas du jour au lendemain que l’on devient facilitateur. L’essentiel est d’avoir la volonté de travailler et de s’engager durablement», a-t-il conseillé. Cet atelier pose les bases d’une politique culturelle ambitieuse pour les Comores. En misant sur la participation communautaire, la rigueur scientifique et la reconnaissance internationale, les Comores affirment leur volonté de valoriser leur patrimoine vivant comme levier d’identité, de cohésion sociale et de rayonnement. Intervenant au nom du groupe, Djamaly Mohamed a qualifié la semaine de formation d’»extraordinaire», saluant la complémentarité des facilitateurs et la qualité des échanges. Malgré la densité des séances, les participants disent avoir évolué dans un climat participatif et constructif. Pour eux, le choix du Kofia comme première candidature constitue une «décision honorable et fédératrice»n .

Cet atelier s’inscrit dans un programme visant à accompagner les pays africains ne disposant pas encore d’éléments inscrits sur les listes de la Convention de 2003. Son objectif spécifique est de consolider les capacités techniques, institutionnelles et communautaires afin de structurer des dispositifs durables de sauvegarde, fondés sur l’identification, la documentation et la valorisation des expressions culturelles vivantes.