Dans le cadre des activités du Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) en soutien aux dossiers de candidature des Comores d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, des jeunes issus d’associations des cinq régions de Ndzuani ont participé, lundi 27 mai dernier, à un forum de jeunes intitulé «Vision, mission et valeur sur le patrimoine».Cette rencontre qui a réuni vingt-trois participants, des filles en majorité, engagés dans le domaine du patrimoine et de la Culture, offre une plate-forme pour «échanger et renforcer leurs compétences» dans ce domaine.
C’est la deuxième activité du genre dans le cadre du projet dit «Fonds de solidarité pour les projets innovants» (Fspi), financé par l’ambassade de France à Moroni pour le Cpc. Selon le président de l’antenne du Cpc à Ndzuani, il s’agissait d’actions prévues en lien avec le dossier d’inscriptions de patrimoines comoriens au patrimoine mondial de l’Unesco : «nous sensibilisons les participants aux objectifs du projet et du dossier de nomination, tout en leur fournissant les compétences nécessaires pour devenir des ambassadeurs au sein de leurs communautés», a expliqué Farid Rachad. Cette semaine, l’Ong a organisé un séminaire à l’intention des maires et des directeurs ainsi qu’une réunion publique dans le cadre du projet Fspi).
«Un devoir patriotique pour les jeunes»
A cette occasion, le directeur de la Culture de l’île a soutenu que l’objectif était de «démontrer aux partenaires et à l’Unesco que nos activités sont en adéquation avec les objectifs affichés».Nouvelle membre de l’association Uesma, Ousseni Rifdat Aqua qui fait partie des vingt-trois bénéficiaires du forum, a résumé les travaux en ces termes : «Nous y avons découvert la Culture, la gastronomie, ainsi que les activités et pratiques faisant partie du patrimoine national. Nous avons également appris à comparer les traditions passées, les réalités actuelles et les perspectives futures pour mieux comprendre les différences. Tout ce que j’ai appris aujourd’hui m’était complètement inconnu. Dire que la nouvelle génération semble n’avoir d’yeux que pour la modernité…».Selon elle, les acteurs engagés dans la préservation et la promotion du patrimoine auraient fourni des «arguments consistants» pour protéger ces «biens précieux». Enfin, elle a regretté que «toute cette richesse ne soit enseignée ni à la maison ni à l’école».
L’association Chiraze Comores était, également, représentée par deux membres. Antufikat Tadjouddine, en classe de Seconde, est l’une d’elles. C’est la première formation pour cette jeune fille de 23 ans, après plusieurs mois dans cette association culturelle de la ville de Moya. «C’était vraiment enrichissante. Notre génération ignore l’importance et la valeur du patrimoine hérité de nos aînés. Grâce à ce forum, j’ai pris conscience qu’il fallait le valoriser, le protéger et le promouvoir et que c’est, pour nous, un devoir patriotique d’en prendre soin pour les prochaines générations», a-t-elle conclu.