Cet évènement constitue la première activité ouverte au public depuis le début des travaux d’entretien de ce haut lieu du patrimoine national

 

L’Alliance française de Ndzuani, en partenariat avec le Collectif du patrimoine des Comores (Cpc), organise une exposition de l’artiste peintre Anthoumane Baidhoine, au palais Ujumbe à Mtsamdu. Dix tableaux sont proposés au public, du dimanche 23 août au samedi 29 août, dans l’une des salles du rez-de-chaussée, entièrement rénovée.Le lancement de l’évènement a été marqué par une visite de la médina de la ville organisée par le Cpc et réunissant une trentaine de personnes.Il s’agit de la toute première exposition artistique du palais Ujumbe depuis le début des travaux d’entretien et de rénovation de ce haut lieu du patrimoine comorien où se poursuivent les travaux de rénovation.

Une “nouvelle dimension”

Selon la directrice de l’Alliance française, Catherine Foulon, l’idée d’organiser cette exposition est née des échanges avec le chargé de la culture de l’institution, avant d’être proposée au Cpc. «Plusieurs raisons expliquent qu’on organise cette exposition au Palais Ujumbe. La première, c’est que nous avons commencé à sceller un partenariat avec le Collectif pour le patrimoine comorien. J’avais pu, lors de différentes manifestations, visiter le palais. Même s’il est évident que Mtsamdu soit une ville qui se prête à des activités hors les murs, j’ai pensé que ce serait bien de trouver un endroit symbolique. C’est là que l’idée du palais est venue. Nous avons, par la suite, échangé avec l’équipe du Cpc conduite par sa présidente qui ont accueilli l’idée, avec enthousiasme», a-t-elle expliqué.


La directrice estime que l’exposition permet de donner une nouvelle dimension à ce lieu : “Je trouvais l’idée d’autant plus intéressante que c’est une occasion de rendre cette culture et l’histoire vivante, de lui redonner une nouvelle vie qui ne soit pas, nécessairement, celle des sultans, quelque chose de nouveau, au service de la jeunesse, des habitants, de la population et des médinas. Il s’agit, par ailleurs, d’assurer aux jeunes et à la population qu’on peut arriver un jour à exposer et qu’on trouvera toujours quelque part pour exposer ses toiles».
Catherine Foulon s’est, également, étendu sur les raisons qui ont conduit son institution à donner à l’artiste l’occasion d’exposer : «C’est un peintre essentiellement autodidacte. Il m’a montré et m’a expliqué l’origine de ses toiles. J’ai eu un coup de cœur pour les couleurs, pour le thème, la transmission des traditions de la culture comorienne et le patrimoine immatériel. Cette exposition doit permettre à l’artiste de se faire connaître tout en contribuant à mettre en valeur le lieu qui abrite l’exposition”.


En ce qui la concerne, la présidente du Cpc, Fatima Boyer, inscrit cette initiative dans le cadre des activités organisées à l’occasion des vingt ans du collectif : «Nous avons accueilli cette activité pour nos vingt ans. Cette année, nous avons organisé un concours de dessins pour les jeunes autour du patrimoine. L’exposition de peinture et la visite de la médina s’inscrivent dans cette dynamique d’activités autour du patrimoine. Et c’est dans ce sens-là que nous avons, aujourd’hui, organisé ces deux activités que sont la visite de la médina de Mtsamdu, qui vient d’être inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, et l’exposition photo», a-t-elle indiquée. 

«Inspirées de la société»

Dans cette exposition, l’artiste, Anthoumane Baidhoine – qui a débuté très jeune la peinture – propose une vingtaine de tableaux et d’autres objets. Il s’agit de sa première grande exposition, après une exposition qu’il a organisé dans sa ville natale de Domoni. Pour lui, la peinture constitue un moyen de lier son travail aux réalités culturelles et patrimoniales comoriennes : “J’ai décidé de lier mes tableaux aux couleurs locales, avec des oeuvres sur la société comorienne et son patrimoine. J’ai déjà exposé des tableaux à Domoni, mais il s’agissait de miniatures. Au palais, j’ai une dizaine de tableaux et quelques objets artisanaux. Pour moi, exposer mes tableaux dans le célèbre Palais Ujumbe, un des monuments du site sériel de l’Unesco, constitue un honneur», devait-il apprécier.