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Play by Fale City, 35 opus pour se faire 1 nom

Play by Fale City, 35 opus pour se faire 1 nom

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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Le mixtape chercherait à «faire connaître le label» mais aussi à «donner un coup de projecteur sur des jeunes artistes. Mais avec son Play collectif, Fale City prend une toute autre dimension. Dans cette compilation, on trouve des sons de tout genre, du rap au dance hall en passant par l’afro trap.

 

Enfin, «Fale City» sort de la zone d’ombre. L’ancien groupe de rap, fondé en 1994 en France par Djamil Ibrahim alias Dja O Mic, et converti en label en 2015, vient de sortir, samedi 29 septembre dernier, sur la plate-forme musicale Haute Culture, Play Fale City, son tout premier projet collectif. Un mixtape composé de pas moins de trente-cinq titres, interprétés en featuring ou en solo par les seize artistes de la maison, auxquels il faut ajouter sept «guests» : Don D., Rdjb, Kefen, Jetcn, Nb, Lmc et Majda Wolf. Mbina de Simba, Uwezo de Hawmi, Mix trap de Dja O Mic ou encore Faswaha de El Tchiko sont autant de projets individuels promus par le label.


Mais avec son Play collectif, Fale City prend une toute autre dimension. On trouve, dans cette compilation, des sons de tout genre, du rap au dance hall en passant par l’afro trap, ce rap africain. L’objectif de ce mixtape, explique Sabil – Brello de son nom d’artiste – est non seulement de «faire connaître le label» mais aussi de «donner un coup de projecteur à des jeunes artistes». «Appuies sur Play. Fale City est lancé, prenez place», peut-on entendre dans Saruha wudje, le deuxième opus du mixtape, une sorte de cri de ralliement autour de la «Fale City family» telle que présentée dans X, le morceau inaugural. Dans ce dédale d’artistes, on croise une femme, Hayrlito. «Rap mi nde ulona o mkobe / Nge namnuzise nambe / Rap ohangu ngamyilo dja ntibe», défend-t-elle tel un fauve son flow dans Ngonirambuwo?, le neuvième opus. Le mixtape comprend des morceaux à la fois en shikomori, en français ou en anglais, notamment dans Old school.


Les thématiques abordées vont de l’amour – débridé (Hani baya ye matso) ou idyllique (Aminata) –, le diktat des «Zoky» (aînés), le Vih, le fléau des kwasa (Msafara), la corruption (Mandamanyo), jusqu’aux difficultés de la vie de tous les jours (Yisi mhodza»). Et, en passant, des conseils pour faire face à celle-ci dans Yesheleya! : «Utsianidi shila, toshiha ne shahaho / Utsi shenkeze zila, yewuha hezembiho zahaho / Dji uzise we ndo, sha utsidjifagnise na ndopvi / Hamwemwewu ba tsi irewe mwenda hambapvi». Pour Brello, artiste compositeur et ingénieur de son du label, le but n’est pas de critiquer à tout va mais de «mettre à la disposition du citoyen les armes pour surmonter les maux quotidiens».


L’on ne pourrait prétendre faire le tour de ce mixtape sans parler, forcément, de cette passion pour la «Muzika» qui a poussé ces vingt-trois artistes à s’unir autour d’un projet collectif : «Yinu hadisi ya lover, lover. Lover, lover / Randjisha hata na uheza. Heza, heza. Music yahangu yinu burda», lancent Izy boy, M2 Yous et Simba contre les préjugés qui entourent leur art. Des trente-cinq titres seul «Saruha wudje», jusqu’ici, a été tourné en clip, par Interface Prod. Le clip du morceau Warning, signé Black Comoriano, est attendu prochainement. Brello et son staff, formé de Pollo, Dj Quick, Black Comoriano et Akram, travaillent actuellement à la production des projets individuels des artistes du label notamment le mixtape de Kayaman, l’album de Simba et l’Ep de Mouba’x attendu début novembre. Les fans ont de quoi passer le temps avec ces trente-cinq titres dont Bye bae, largement plébiscité.



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