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Salmador l’Afro Queen : un destin d’artiste

Salmador l’Afro Queen : un destin d’artiste

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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Elle apparait sur les publicités d’Exim Bank, de Telco ou, récemment, d’Onicor. Mais c’est surtout sur les réseaux sociaux que Salmador l’Afro Queen a réussi à se faire un nom. Dans ses vidéos, diffusées sur sa chaîne YouTube, la jeune femme de vingt-deux ans s’attaque aux mœurs et aux préjugés, avec une pointe d’humour qui fait tout son effet. Cette admiratrice de Miriam Makeba, travaille à «mettre en valeur la femme africaine, comorienne en particulier».

 

«C’est comme si j’étais née pour être artiste», se remémore Salma Mohamed Saïd Mzimba de son enfance passée à chanter le Lelemama, «comme grand-mère», une paume de sagou pour micro et des boîtes de Nido en guise de batteries. En ces temps-là, déjà, la gamine emballait son petit monde, un groupe d’enfants acquis à son jeu, qui l’inondait d’emballages de bonbons, “billets de banque“de circonstance. Le temps est vite passé et, en vingt-deux ans, l’enfant de Kuhani ya Washili a fait du chemin. Beaucoup de chemin. On la retrouve,aujourd’hui,sur les publicités d’Exim Bank, de Telco ou récemment, d’Onicor. Mais c’est surtout sur les réseaux sociaux,qu’elle a réussi à se faire un nom. Salmador l’Afro Queen (son pseudonyme)compte à ce jour une dizaine de vidéos, diffusées pour la plupart sur sa chaîne YouTube. «Jalousie tchoin tchoin», «L’amour est un bonheur à vivre»ou encore, dernière en date, «Taximan n’est pas gentil».

Artiste ou rien


La jeune femme s’attaque aux mœurs et aux préjugés, avec une pointe d’humour qui donne tout le charme aux vidéos. L’effet est immédiat : «Et il ose dire que l’on cuisine mal. Mais comment est-ce qu’on ne cuisinerait pas mal. A peine revenu du boulot qu’il fout le camp. Et moi qui dois prendre soind’un bébé, le bercer. En plus de cuisiner.Holà, on l’a fait tous les deux ce bébé», s’insurge-t-elle, dans «Ndola ndjema ndeya mparano», contre ces maris qui désertent les foyers, abandonnant toutes les corvées à leurs femmes, pour aller squatter les places publiques, jouer au mraha et autres dominos. Salmador (surnom qu’on lui a attribué à cause de son teint doré)s’est lancée dans cette aventure il y a de cela deux ans. Le bac en poche, en 2017, elle songeait intégrer une école de musique à l’étranger. Mais c’est sans compter sur le blocage de son père, Mohamed Said Mzimba, enseignant et écrivain, plus porté vers le Marketing. «Je ne veux rien faire qui puisse m’éloigner de ce que je fais. Je veux poursuivre des études qui correspondent à ce que je suis», dit-elle. Et l’avis de M’zimoi Mmadi Ali (sa mère) dans tout cela ? «Elle est assez contente de moi. Elle est d’accord sur tout», assure-t-elle.


Femme africaine


Sa passion première, ou disons son péché mignon, reste la musique. Il faut dire que la jeune femme ne rate jamais une occasion quand il s’agit
de chanter. Elle entonnera, tour à tour, «Malaïka» de Miriam Makeba, «nyorambili» de Goulam, voire une chanson de son cru dédiée à sa mère. Quand elle s’y met, impossible de l’arrêter, «c’est comme une maladie. Je chante partout, tout le temps, toute seule, dans les karaokés», a-telle confié. Des bribes de chansons que l’on retrouve parfois dans ses vidéos. Les images, il est vrai, laissent parfois à désirer, et les scénarios sont loin d’être aboutis. Mais le potentiel est là, reste maintenant à l’exploiter. Que ce soit dans ses vidéos, ou ses photos publiées sur sa page Facebook (Aswili Na Riwaswili), l’Afro Queen essai de «mettre en valeur la femme africaine, comorienne en particulier». Elle n’est jamais loin de ses racines, de par l’habillement, essentiellement en wax, le foulard sur la tête, jusqu’à l’accent, emprunté aux séries burkinabé». «Je représente l’Afrique», déclare cette admiratrice de Miriam Makeba. Sa seule phobie : l’échec. Dans sa course aux étoiles,la petite Salma se rappellera toujours des propos de sa grandmère : «mdrudjivazanguo, havaziwanguo». Autrement dit, le succès n’est pas de tout repos. 

 

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