La présidente du Cpc relève que le chantier “Ujumbe 2026” coïncide avec l’espoir d’une première inscription du pays sur la liste du patrimoine de l’Unesco

 

Le Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) a procédé, mardi à Pangahari à Mtsamdu ya Ndzuani, au lancement du chantier Ujumbe 2026, de restauration du palais des sultans de la ville en vue de l’inscription à l’Unesco. La cérémonie s’est déroulée en présence, notamment, du gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, du ministre des arts et de la Culture, Said Mohamed Ali Said, de la présidente du Cpc, Fatima Boyer, de l’ambassadeur des Comores à l’Unesco et de plusieurs autres personnalités dont, l’ambassadeur de France à Moroni. 


Pour cette année 2026, le chantier bénéficie du soutien de la fondation Aliph, de la fondation Gerda Henkel et de celui de l’ambassade de France, et la direction du projet est assurée par Dr Ibraza Oumar. L’événement a vu, également, la présence d’autres personnalités politiques, diplomatiques et associatives.
Une prestation de la danse traditionnelle, tari, a animé la cérémonie organisée au cœur de la médina de Mtsamdu, Pangahari, et après les allocutions, les invités ont effectué une visite de l’édifice. Les allocutions prononcées ont mis l’accent sur la candidature des médinas des Sultanats historiques des Comores au patrimoine mondial de l’Unesco.


Dans son intervention, la présidente du Cpc a souligné l’importance de cette étape dans le processus engagé depuis plusieurs années dans la mesure, notamment, où le chantier Ujumbe 2026 coïncide avec l’espoir d’une première inscription des Comores sur la liste du patrimoine mondial: “Nous attendons la décision lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial, en juillet à Busan, en Corée et Cpc est fier d’avoir contribué à la sensibilisation sur l’importance de cette inscription”, a-t-elle déclaré.

“Intégrer les compétences locales”

Fatima Boyer a, également, détaillé les travaux prévus durant cette campagne de restauration qui marquerait une étape “cruciale”: “Nous inaugurons un projet multi-partenaires. Les travaux de cette année concernent l’étage. Nous aurons la réfection de la toiture-terrasse, la pose des poutres en provenance de Zanzibar, l’allègement de la dalle et la reconstruction de la partie effondrée”, a-t-elle expliqué.


Enfin, elle a insisté sur la volonté d’intégrer les compétences locales dans le projet. Cette année, le Cpc a, pour se faire, fait appel à l’expertise locale, notamment en menuiserie et sculpture, pour le démarrage du chantier. Pour cette nouvelle campagne et le lancement du projet “Sel et Pierres” à Swaniyani, le Collectif accueille cinq jeunes, dont deux filles, ainsi que deux apprentis en maçonnerie.

“Témoignage”,“reconnaissance”, “cœur battant”

Pour sa part, le ministre des Arts et de la Culture, Said Mohamed Ali Said, a rappelé la portée culturelle et historique du monument: “Comme l’ensemble du peuple comorien, j’ai la fierté et la joie de voir l’un des joyaux de notre si vaste et si belle Culture en phase d’être entièrement restauré. Le palais Ujumbe est le témoin du génie et du savoir-faire comorien que nous devons, non seulement mettre en valeur mais, aussi transmettre à nos enfants. Nous devons nous mobiliser, dépasser les clivages de toutes sortes pour sauver ce qui reste de notre culture”, a-t-il affirmé avant de rappeler: “Le chef de l’Etat, dans le plan Comores émergent, a accordé une place centrale à la Culture, véritable clé de l’unité de l’archipel”.


De son côté, le gouverneur de Ndzuani a insisté sur la “dimension” du chantier. Selon le plus haut responsable de l’île, cette cérémonie marque la “renaissance de l’âme de notre belle ville”. “Ce palais n’est pas seulement un empilement de pierres et de chaux. C’est le cœur battant de notre histoire, le restaurer est une affirmation de notre identité multiculturelle et Faire rentrer ce patrimoine à l’Unesco n’est plus un rêve mais une ambition claire et un espoir permis”, devait s’engager Dr Zaidou Youssouf.


L’ambassadeur de France aux Comores a réaffirmé le soutien de la France au projet de restauration et rappelé l’engagement des partenaires. “Je suis heureux d’être parmi vous pour célébrer le lancement d’une nouvelle tranche de la restauration du palais Ujumbe, chef-d’œuvre architectural swahili et symbole de l’histoire politique et culturelle des Comores. Depuis 2006, la France et d’autres partenaires, notamment l’Unesco, accompagnent le Cpc dans ses efforts pour préserver et valoriser ce site exceptionnel” et “continue à s’engager auprès du Collectif pour financer une part importante de cette nouvelle phase de restauration”, a-t-il précisé.


S’étendant sur les retombées économiques et sociales de la valorisation du patrimoine, il a soutenu: “Le patrimoine est un levier de développement, un facteur de cohésion sociale et un pont entre les peuples, et restaurer l’Ujumbe c’est préserver la mémoire des Comores et poser les jalons du développement de nombreuses activités économiques et d’emplois”.

Enfin, la représentante de la commune de Mtsamdu, Naida, a salué une initiative “porteuse d’opportunités” pour la jeunesse et les artisans de la commune: “Ce chantier représente une opportunité pour notre jeunesse, pour les artisans, les professionnels du patrimoine et pour toute la population. J’invite chacun à participer activement à la construction d’un avenir fondé sur la Culture, la connaissance et la solidarité”, a-t-elle conclun