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Socrome, Tcharo & Makinz : Des graffitis tout en «swana»

Socrome, Tcharo & Makinz : Des graffitis tout en «swana»

Culture | -   Dayar Salim Darkaoui

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Vous en avez peut-être entendu vaguement parler. Mais leurs œuvres ne passent pas inaperçues. Si vous avez croisé, du côté de la station Bonzami ou de la Meck-Moroni, une espèce de cœlacanthe ou une tortue géante baignant dans un mur de couleurs, alors vous avez, cependant, pénétré l’univers fabuleux de ces trois artistes hors du commun.

 

Ils s’appellent Hakim Idriss, Yasser Ahmed Said et Abiamri Said Bacar. Ils signent leurs œuvres par Socrome, Tcharo et Makinz. Vous ne les connaissez sans doute pas, ou en avez vaguement entendu parler. Leurs œuvres pourtant ne passent pas inaperçues. S’il vous est arrivé de croiser, du côté de la station Bonzami ou de la Meck-Moroni, une espèce de cœlacanthe ou une tortue géante baignant dans un mur de couleurs, alors vous avez pénétré l’univers fabuleux de ces trois artistes hors du commun. Ces drôles de bonhommes ont niché leur atelier sur le toit d’un bâtiment, rue Ahmed Djoumoi, à l’abri des regards, mais bien ouvert au panorama de la ville. Ils se sont spécialisés dans la peinture – à la main – des panneaux, enseignes et, bien sûr, des graffitis, leur passion première.


Hakim Idriss alias Socrome s’impose comme un pionnier en la matière. «C’est venu comme ça. J’aime dessiner depuis tout petit», raconte celui qui s’est lancé dans les graffs en 1999, avant de s’installer en France. Ses traces sont restées visibles à Mitsamihuli, d’où il est originaire, et dans des quartiers comme Hadudja, Badjanani et Hamramba dans la capitale fédérale. Elles ont inspiré de nombreux jeunes artistes dont Yasser Ahmed Saïd, ou Tcharo, avec qui il fait équipe actuellement. «Socrome m’a ouvert les yeux», dit-il. Les deux amis ont fait connaissance en 2016 via Facebook, lorsque «Le maître» était encore en France.

Chez Renault et à Paris

Socrome avait déjà en tête, cette année-là, le projet de création d’une structure dédiée aux panneaux et enseignes aux Comores. Ils garderont le contact. Et puis, en 2017, naitra «Swana», une entreprise de conception de panneaux et enseignes à la main. Abiamri Saïd Bacar, connu sous le pseudo de Makinz, rejoindra l’équipe un peu plus tard pour former, avec Hamou (artiste spécialisé dans les calligraphies arabes, qui habite à Paris), le quatuor de tous les défis. Aujourd’hui la maison s’est agrandie. L’équipe dispose même d’un service commercial au Maroc, dirigé par Thamud Mellouk.


Swana a produit un graff pour Renault en France, un logo pour la boutique parisienne Vaya Lesso et une illustration pour Danon au Maroc, entre autres. Et aux Comores, l’entreprise a conçu des décorations pour Elitecom, Babou ou encore Toping. «Nous privilégions avant tout les contrats aux Comores», assure Socrome. Mais à Swana, ajoute-t-il, «seule la passion compte». Socrome, Tcharo et Makinz n’hésitent pas à se lancer dans des projets rocambolesques comme peindre, au milieu de nulle part, un cœlacanthe ou une tortue géante.


Les trois artistes envisagent de s’en prendre à un des monuments de la capitale, soit le mur du ministère de l’Éducation nationale qui fait face au stade Ajao.
Mais que peuvent-ils bien y peindre? «C’est une surprise» lance Socrome, dans l’attente, cela dit, d’une autorisation avant d’entamer ce graff vertigineux à l’occasion du Festival d’art contemporain comorien, prévu au mois d’octobre prochain. Ils accompagnent leurs œuvres de photos et vidéos «pour montrer qu’il se passe des choses aux Comores». Swana espère, prochainement, effectuer une tournée sur les autres îles pour y taguer les symboles qui les représentent. Dans le but de «faire la promotion des îles Comores».


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