Faire la démontration que le théâtre peut devenir un puissant outil d’expression et d’éveil des consciences

 

Après dix séances de formation au théâtre encadrées par le metteur en scène de la compagnie Nombamba Théâtre, Mahdawi Ben Ali, des enfants âgés de 5 à 10 ans ont présenté, samedi 23 mai à l’Alliance française de Moroni (Afm), une restitution autour des droits de l’enfant. A travers une prestation centrée sur les droits de l’enfant, les jeunes comédiens se sont efforcés de démontrer combien le théâtre pouvait devenir un puissant outil de sensibilisation face aux réalités du quotidien.


Entièrement construit autour du décor d’une salle de classe, le spectacle a plongé un public restreint dans une réflexion sur l’école, l’éducation et la place accordée à la parole des enfants dans la société. D’un côté, la figure du professeur incarne une vision rigide de l’apprentissage. “On ne va pas à l’école pour courir, rire, jouer, crier. On vient pour apprendre, écouter et obéir. Les jeux, c’est dehors, les rires, c’est à la maison et les histoires, c’est pour les vacances. Ici, on forme des esprits, pas des clowns. Ici, on prépare l’avenir, pas des amusements”, a lancé Ben Houwayad Ibrahim, dans son rôle du professeur.


Face à cette conception verticale de l’autorité, les élèves opposent une parole sincère et profondément humaine. A travers le personnage de Naçroullah, les enfants rappellent que l’école ne devrait pas se limiter à un simple espace disciplinaire : “L’école ne devrait pas être seulement un bâtiment avec des tables et des chaises. Elle est censée être un lieu d’apprentissage, de partage, d’encouragement. Un endroit où chaque enfant, riche ou pauvre, fort ou faible, fille ou garçon, se sent le bienvenu”.


Le spectacle aborde, également, les humiliations, les sanctions injustes et le manque d’écoute auxquels certains enfants sont confrontés dans leur parcours scolaire : “Comment pouvons-nous aimer l’école si elle nous fait plus peur que plaisir ?”, interrogent les jeunes acteurs dans une séquence particulièrement marquante.


Au-delà du cadre scolaire, la pièce interpelle aussi les parents sur leur responsabilité éducative. A travers les mots de Zaher Natoif, le message devient plus universel : “Nous ne demandons qu’à apprendre, qu’à être guidés, qu’à être aimés”. Et de rappeler, ensuite, que la responsabilité parentale n’est pas un choix, mais un engagement envers l’enfant.


Par cette restitution, les enfants ont offert bien plus qu’un simple exercice artistique. Ils ont porté, avec sensibilité et courage, une parole souvent ignorée confirmant ainsi le rôle du théâtre comme espace d’expression, de dialogue et d’éveil citoyen.“On dit que la vérité sort de la bouche des enfants. Aujourd’hui, cette vérité sort de ma bouche, devant vous, pour vous prendre à témoin.

 Parents, adultes, éducateurs, écoutez bien. Prenez vos responsabilités à bras-le-corps! Ne détournez plus le regard. Ne nous laissez pas errer dans les ténèbres. Parce que si nous échouons à construire notre avenir, si demain nous tombons dans le vide, sachez que ce sera aussi de votre faute. Nous ne sommes que des enfants”, devait conclure Halidi Moina Bouchra .