Cette décision historique, adoptée le 25 juillet 2026 lors de la 48ᵉ session du Comité du patrimoine mondial en République de Corée, consacre près de vingt années d'efforts scientifiques, diplomatiques et communautaires pour faire reconnaître la valeur universelle exceptionnelle de ce patrimoine unique de l'océan Indien
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C'est une page majeure de l'histoire culturelle des Comores qui s'est écrite ce samedi 25 juillet 2026. Réuni en République de Corée pour sa 48ᵉ session, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a approuvé l'inscription des médinas des Sultanats historiques des Comores sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial. Les médinas d'Ikoni, Moroni, Itsandra, Ntsudjini, Domoni et Mutsamudu deviennent ainsi le tout premier bien comorien inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Une reconnaissance internationale qui récompense non seulement l'architecture, l'urbanisme et les paysages culturels hérités des anciens sultanats, mais aussi les communautés qui ont su préserver, génération après génération, cet héritage exceptionnel.
"Je suis avant tout un Comorien"
Présent à cette session historique, le président de l'Union des Comores a accueilli cette décision avec émotion. "Je vous remercie pour vos messages de félicitations. Je ne suis pas seulement le chef de l'État qui vient de voir six de ses médinas inscrites au patrimoine mondial, je suis avant tout un Comorien", a-t-il déclaré devant le Comité. Il a également rappelé que ces médinas "ne sont pas des vestiges figés dans le passé, mais des espaces toujours habités où se perpétuent les traditions, les savoir-faire, les pratiques religieuses et sociales qui fondent l'identité comorienne". Entretemps, Azali Assoumani a réaffirmé l'engagement de l'État comorien à assurer la protection des médinas, leur transmission aux générations futures et leur valorisation dans une logique de développement durable.
Cette inscription marque l'aboutissement d'un processus engagé depuis 2007, année où les médinas des sultanats historiques des Comores ont été inscrits sur la Liste indicative de l'Unesco. Après près de vingt ans de recherches scientifiques, d'inventaires patrimoniaux, de missions de terrain, de coopération internationale et de préparation technique, les Comores avaient officiellement déposé leur premier dossier de candidature en janvier 2025.
Une reconnaissance saluée à l’internationale
Au cours de la séance d'examen, les membres des différentes Comités ont unanimement salué la qualité du travail accompli par les autorités comoriennes, les experts nationaux et internationaux. L'ancien ambassadeur de Tanzanie auprès de l'Union des Comores a exprimé son émotion en soulignant qu'il s'agissait d'"une journée qui nous remplit de joie, non seulement pour les Comores mais aussi pour tous ceux qui œuvrent à la sauvegarde du patrimoine". Il a salué "la vision et la détermination" ayant permis cette reconnaissance, estimant que "c'est une victoire pour les Comores, pour l'Afrique et pour le patrimoine mondial". Il a également adressé ses félicitations à la diaspora comorienne à travers le monde.
L'inscription des médinas des Sultanats historiques des Comores sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco constitue ainsi l'une des plus grandes réussites patrimoniales de l'histoire contemporaine des Comores. Une consécration qui honore toute une nation et inscrit définitivement les Comores sur la carte mondiale du patrimoine. "Nous saluons cette étape importante. Les médinas des sultanats historiques de Comores, portées par leurs communautés, rejoignent aujourd'hui le patrimoine mondial. Nous souhaitons plein succès aux Comores dans la conservation de ce patrimoine exceptionnel", a déclaré le représentant de la République de Corée.
Même tonalité du côté de la Jamaïque, dont le représentant a félicité les Comores "pour le travail accompli tout au long du processus de préparation". La Turquie, intervenant au nom de son groupe, a rappelé les défis auxquels font face les petits États insulaires dans la préservation de leur patrimoine tout en apportant son soutien à cette inscription.Au nom du groupe arabe, le Liban a qualifié cette décision "d'étape historique pour les Comores, pour l'Afrique et pour les États arabes", adressant ses chaleureuses félicitations au peuple et aux autorités comoriennes.
Une victoire pour tout un peuple
Au-delà de sa portée historique, cette inscription ouvre de nouvelles perspectives pour les Comores. Elle renforce la visibilité internationale de l'archipel, favorise l'accès à une coopération accrue en matière de conservation et constitue un levier pour le développement du tourisme culturel, de la recherche scientifique et des métiers du patrimoine. Cette reconnaissance est aussi celle des habitants des médinas, véritables gardiens d'un patrimoine vivant. Derrière les portes sculptées, les ruelles étroites, les places publiques, les mosquées anciennes, les palais des sultans et les maisons en pierre de corail, c'est une mémoire pluriséculaire qui est aujourd'hui reconnue comme appartenant au patrimoine commun de l'humanité.
Mahdawi Ben Ali

