A travers la procédure d’inscription de la place «Funi Haziri» à l’Unesco, le pays va franchir «une nouvelle étape» dans la reconnaissance des patrimoines culturels qui va raviver la mémoire d’un archipel autrefois marqué par des savants influents dans la propagation de l’islam dans la région. Cela va également ouvrir, à en croire les conférenciers, des perspectives économiques prometteuses grâce au développement du tourisme culturel.

 

Le directeur général du Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), l’ambassadeur des Comores auprès de l’Unesco, et l’ambassadeur de France en Union des Comores ont animé ce jeudi 16 avril, à Ikoni, une conférence au cours de laquelle ils ont abordé plusieurs thématiques liées aux démarches administratives du dossier d’inscription de la place « Funi Haziri » dans le patrimoine culturel de l’Unesco. Parmi les sujets à l’ordre du jour, il y a eu également l’impact qu’a eu l’islam dans la nation comorienne, et l’apport de ces inscriptions au niveau culturel, touristique ainsi qu’économique. 


«Aujourd’hui marque une journée spéciale par la grâce de Dieu nous sommes parvenus à un objectif de longue date lequel nous a obligé de nous réunir afin de vous annoncer qu’on a enfin réussi à réaliser les doléances que vous nous avez transmises. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier le président Azali Assoumani de nous avoir interpellés par rapport à ce dossier mais aussi de son accompagnement à la réalisation de ces démarches. On remercie également les 6 localités à travers les associations et la notabilité qui n’ont ménagé aucun effort concernant l’inscription de ces patrimoines», a déclaré le directeur général du Cndrs, Toiwilou Mze Hamadi. 


Ce dernier, revenant sur l’initiative, soulignera que celle-ci démontre une certaine reconnaissance, laquelle le pays n’avait pas au sein de l’Unesco auparavant. «Parvenir à un tel accomplissement est juste remarquable mais il ne suffit pas d’être inscrit, il s’agit aussi de veiller à la pérennité de nos patrimoines, sensibiliser nos enfants de l’importance de notre patrimoine afin qu’ils puissent faire de même à leur tour», a-t-il souligné. 

L’introduction et à l’enracinement de l’islam dans la société

De son côté, l’ambassadeur des Comores auprès de l’Unesco, Mohamed Bajrafil, a insisté sur le fait qu’autrefois le pays disposait de savants qui ont amélioré l’image de l’islam et consolidé les pratiques de la religion. Selon lui, le pays devrait rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à l’introduction et à l’enracinement de l’islam dans la société comorienne. «Notre archipel a longtemps été le carrefour de la projection de l’islam dans la région. Il fut un temps lorsque j’ai eu à présenter les lettres d’accréditation de ces patrimoines, j’ai d’abord rappelé que la valeur de nos îles ne se résume pas en superficie mais plutôt en ce qu’on a apporté au monde. Notre pays avait l’un des savants de l’islam dont j’ai eu la chance de lire les œuvres et je peux vous affirmer qu’il n’a jamais cessé de montrer son appartenance aux Comores, en la personne d’Abu Mohamed Bourhane Mkele, en qui je recommande la célébration en hommage de sa mémoire dans les années à venir», a-t-il expliqué. Mohamed Bajrafil a, par ailleurs, démontré qu’avec de telles réalisations, d’autres perspectives peuvent naître de cette inscription, citant l’attractivité touristique et son impact sur l’économie dans le pays.


Pour sa part, l’ambassadeur de France en Union des Comores, Étienne Chapon, a fait part de l’accompagnement de son institution à ce dossier après 20 ans de travail. «Tout ce que nous faisons depuis maintenant plusieurs décennies, c’est une responsabilité très importante dont je suis très fier, je suis très conscient de l’honneur que l’on me procure auprès des notables. La présence dans cette place est aussi symbolique mais reflète la confiance qu’a la France de toujours œuvrer pour un tel dossier qui va faire naître une certaine reconnaissance parce que s’il y a une chose dont je serais ravi à la fin de mon mandat, c’est bien celles-ci», s’est-il exprimé.