Le rappeur Victorious Awax, Walid Ben Ahmed de son vrai nom, s’apprête à retrouver la scène comorienne, le vendredi 6 novembre après avoir passé plusieurs années sans se produire aux Comores. L’artiste originaire de Mitsamihuli mdjini, a sorti son premier single en 2016 et son premier mixtape intitulé, Tafauti, en 2017, qui a marqué les débuts de sa carrière musicale. Prévu rap à 100 %, ce spectacle prévoit, également, de donner une place aux jeunes artistes à travers une scène libre. Dans l’entretien qui suit, Big Waxo revient sur les raisons de ce retour au pays, livre son regard sur le rap comorien en général, mais aussi sur ses ambitions artistiques, notamment dans le cinéma. Entretien.

 

Vous allez monter sur scène le vendredi 6 novembre à Moroni, après plusieurs années sans concert aux Comores. Qu’est-ce qui motive ce retour?


Cela fait dix ans que je suis dans le milieu du rap. C’est d’ailleurs pour ça qu’on organise ce spectacle : mettre un point d’honneur à ce parcours. Ce sera un concert 100 % rap et j’ai hâte de retrouver mon public. Je suis convaincu que ça va être une grande célébration.

Vous annoncez une scène ouverte pour les jeunes rappeurs. Comment va se passer cette initiative, concrètement?


Habituellement, dans les concerts, plusieurs artistes se succèdent sur scène lors de la première partie, histoire de «chauffer le public» en attendant l’artiste principal.
Cette fois, nous allons proposer autre chose. Il y aura un open mic, ouvert à tous, pour donner de la visibilité aux jeunes rappeurs qui se sont lancés dans le mouvement mais qui ont du mal à se faire entendre. On leur consacrera une cinquantaine de minutes, pendant lesquelles ils pourront venir avec leurs couplets, kicker et montrer leurs talents devant le public. De même, on envisage un concours avec plusieurs étapes autour de trois œuvres instrumentales qu’on va proposer, jusqu’à une finale.

Après tant d’années passées à l’extérieur, comment avez-vous vécu l’évolution du rap comorien?


… De manière assez familière, parce que je fais partie de ceux qui font avancer ce mouvement. Et même si je vis au Maroc, je ne le regarde pas de loin. Aujourd’hui, force est de constater que le rap s’est beaucoup peaufiné, notamment au niveau des productions, avec plusieurs directions musicales différentes. Personnellement, j’ai été beaucoup stimulé par son évolution. 

Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération et quelle place estimez-vous occuper dans le rap comorien?


Je regarde cette génération avec beaucoup d’intérêt, de fierté, mais aussi avec un esprit de compétition. Il est clair qu’il y a beaucoup de talents et d’artistes qui ont déjà trouvé leur place. Moi ceux qui me touchent particulièrement, ce sont ces jeunes artistes qui, dans leurs textes, se livrent en racontant leurs expériences vécues. Sincèrement, cela me semble très fort. 
En ce qui me concerne, je pense faire partie des artistes de ma génération qui ont le plus apporté au rap comorien. Je le dis en toute humilité, tout en reconnaissant qu’il y a d’autres rappeurs très forts.

Quels sont vos projets pour la suite, au-delà de la musique?


Je compte continuer à sortir des projets musicaux, mais aussi développer d’autres activités liées à la musique comme ouvrir un studio dans la ville de Mitsamihuli, par exemple. Je pense beaucoup au cinéma également. J’ai envie de me lancer dans la réalisation de films et je compte suivre une formation pour apprendre davantage dans ce domaine. Je compte, enfin, me former en art dramatique afin d’apprendre le métier d’acteur et de pouvoir jouer dans des films. C’est une nouvelle voie que j’aimerais explorer parallèlement à la musique.