La revendication d’une volonté de «déranger et de bousculer» pour confronter l’assistance à une réalité souvent difficile à voir

 

L’Alliance française de Moroni a accueilli, ce vendredi 18 septembre 2026, Ndoha, un spectacle chorégraphique consacré aux femmes victimes de féminicides et de violences aux Comores. Portée par une troupe de danseuses et danseurs, cette création de Farida Mdahoma entend faire de la danse un moyen d’expression pour «dénoncer le silence, traduire la douleur et célébrer la résilience».A travers cette œuvre, les artistes ont proposé un voyage émotionnel autour de plusieurs réalités liées aux violences faites aux femmes. Violence, deuil, sororité, espoir et quête de justice se sont croisés sur scène, accompagnés par une musique originale.


Le spectacle entend, ainsi, transformer ces réalités en une création artistique destinée à sensibiliser le public et à ouvrir un espace de réflexion sur ce grand enjeu pour toute la société.Le projet repose, selon la créatrice, un langage du corps présenté comme brut, douloureux et poésie. Il s’agit de redonner une voix à celles qui ont été réduites au silence. Il revendique une volonté de «déranger et bousculer», en confrontant le public à une réalité souvent difficile à voir.


La chorégraphie a mélangé danse contemporaine, percussions et textes tantôt murmurés, tantôt criés ou chantés. Différents éléments qui ont construit un espace de mémoire consacré aux victimes, mais également un outil de sensibilisation. Au-delà de l’hommage, Ndoha porte une réflexion sur le rôle de l’art dans la société en défendant l’idée selon laquelle la création artistique peut contribuer à faire évoluer les regards et à susciter une prise de conscience.

Présenté comme une œuvre engagée, elle installe, ainsi, le corps, la mémoire et la parole collective au centre de la scène. Dans la noirceur évoquée par la création, demeure une volonté de faire émerger une lumière : celle d’un cri puissant et unanime contre l’effacement des victimes.